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Chapitre 15 – Retour sur Terre

Le lendemain matin, je suis réveillée de bonne heure et je descends de ma chambre avec mes derniers dessins. J’indique celui qui est à donner à l’école. J’offre ceux qui restent, dont mon auto-portrait à mes hôtes qui sont ravis.

Juste avant mon départ, Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora me sert très fort dans ses bras en guise d’au revoir. C’est Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers qui m’emmène lui-même au centre de voyage, en charrette à cheval cette fois-ci. Le Commandant est là et quelques autres personnes que je ne connais pas. Ils me sont présentés comme étant des membres du Grand Conseil, venus assister à mon départ. Je dois leur donner du “Votre Excellence” lorsque je les salue.
– Commandant, je dis en simple guise de salut à vous devinez qui.
Nos échanges resteront protocolaires ce matin.
– Élisa, me répond-il en inclinant la tête en guise de salut. Puis il poursuit :
– Vous allez devoir prendre la capsule et la pilule très bientôt. La bleue, c’est ce qui vous permettra de vous extraire de ce corps, la blanche est celle pour la re-synchronisation. Vous voulez un verre d’eau ?
– Oui s’il vous plaît.
– Prenez place sur la banquette, continue-t-il. Vous pouvez prendre vos comprimés maintenant.
Je porte la capsule bleue à ma bouche et boit un coup d’eau. Puis la pilule blanche, et un autre coup d’eau. Ceci étant fait, je m’adresse à mon hôte :
– Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, vous avez été vous et votre épouse mes hôtes pendant tout ce séjour, permettez que je vous salue à la Terrienne. Approchez.
Il s’approche et je lui serre chaleureusement la main, pendant qu’il me fait un clin d’oeil. Et voilà le tour est joué. Comment ne pas prendre ses médocs et s’en débarrasser discrètement en une leçon par Élisa Martin. Les autres n’y ont vu que du feu. La pilule blanche est maintenant dans la main fermée d’Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers.
– Vous devriez vous allonger, la capsule ne va pas tarder à faire effet, dit le Commandant.
Je m’exécute. Et je ferme les yeux. Il ne faut pas longtemps pour que mon esprit se libère. Aucune envie de gambader, je retourne immédiatement sur Terre. J’ouvre les yeux dans la salle de voyage de la loterie. La procédure de retrait des gaz s’enclenche et le couvercle s’ouvre.

P. Martin : Alors, mademoiselle Élisa Martin. Qu’avez-vous à nous raconter cette fois-ci ?
Moi : Que je me souviens, dis-je sèchement.
P. Martin : De quoi ?
Moi : De tout !
S. Martin : De tout ?
Moi : Oui, parfaitement de tout. J’ai beaucoup rêvé sur Dalygaran, vous savez.
P. Martin : De Dalygaran aussi.
Moi : Oui. C’est une manie dans l’univers que de s’en prendre à la mémoire des gens ?
P. Martin : Entre monde trop différents sur le plan technologique, oui.
Moi : Mais je me souviens. Alors c’est vous qui m’avez fait oublié mes premiers voyages ?
P. et S. Martin : Oui.
Moi : Je ne voyais pas qui d’autres, de toute manière.
P. Martin : Vous n’étiez pas censée vous souvenir de Dalygaran non plus, enfin pas tout de suite.
Moi : Je n’ai pas pris leur fichue pilule contre “le mal de la re-synchronisation”.
P. Martin : Une pilule ? C’est bizarre ça. Je pensais qu’on vous aurait plutôt fait une injection.
Moi : Quelle importance ? C’est une pilule qu’il m’ont donné et je ne l’ai pas avalée. Dites moi, combien de temps je suis restée là-haut ?
P. Martin : 10 jours.
Moi : 10 ?
P. Martin : 10. Avez vous une idée de ce qu’il s’est passé ici ?
Moi : Quelqu’un a occupé mon corps pendant mon absence.
P. Martin : C’est exact.
Moi : A ce propos. Êtes-vous allés à mon appartement ?
Les deux Martins se regardent.
Moi : Je vais prendre ça pour un oui.
S. Martin : La personne qui a pris votre place n’était pas préparée. Nous avons du…
P. Martin : On peut le lui dire : nous avons du réparer quelques “dégâts”, avec votre mère et dans votre appartement. Je crains qu’avec votre petit ami, ce soit mal engagé. Officiellement vous avez été confinée à votre appartement victime d’un méchant virus qui vous a fait momentanément perdre la boule. Et c’est nous qui vous avons emmené à l’hôpital pour analyses après vous avoir découverte désorientée chez vous. Nous étions venus vous voir parce que vous aviez déjà montré un comportement étrange au centre de voyage. Et ça c’est totalement vrai.
S. Martin : Vous ne dites rien.
Moi : J’essaie d’imaginer le genre de dégâts qu’elle a pu faire.
S. Martin : Il.
Moi : Ah, lui aussi n’était pas du bon genre.
P. Martin : Il était surtout du genre pas terrien et …
Moi : … il n’aurait pas vidé une bouteille de champagne par hasard ?
P. Martin : Ah vous avez vu ça aussi ?
Moi : Vous n’avez pas l’air très étonné.
S. Martin : Venant de vous, on ne s’étonne plus de rien.
P. Martin : C’est exact.
Moi : Comment ?
P. Martin : Comment quoi ?
Moi : Comment se fait-il que j’ai pu voir ça ?
P. Martin : Son ébriété a laissé de la place pour une connexion nocturne. Vous dormiez lorsque vous avez vu la scène. Ça a du s’arrêter lorsque vous êtes tombé dans les pommes.
Moi : Je suis tombée dans les pommes ?
S. Martin : Vous avez vomi aussi.
P. Martin : Ça ça n’était peut-être pas utile, Sylvestre…
Moi : Mais bon dieu, qu’est-ce qu’il a fait ?
S. Martin : Il a goûté tout ce qu’il y avait dans le réfrigérateur et a même descendu deux pots de glace.
P. Martin : L’un d’eux était entamé nous a-t-il précisé.
Moi : Mais c’est un grand malade. J’ai pris du poids ?
Les deux Martins se regardent interloqués.
P. Martin : Non, enfin je ne pense pas. Les excès n’ont duré qu’une soirée. Par la suite nous l’avons coaché.
Moi : Vraiment. Quelle chance il a eu.
P. Martin : Si c’est pas du sarcasme ça…
Moi : Oh, et perspicace avec ça. Mais revenons à ma mémoire. Pourquoi me l’avoir effacée, et pourquoi elle me revient ?
P. Martin : Vous ne voyagez pas comme un être humain.
Moi : Ne dites pas d’idiotie. Je suis un être humain.
S. Martin : Mais vous êtes particulière.
Moi : Qu’est-ce que j’ai de particulier ?
P. Martin : Des aptitudes.
Moi : Faut-il que je vous tire les vers du nez ?
P. Martin : Vous avez su tout de suite sauter de planète en planète. Vous avez perçu les émotions de ceux que vous regardiez, vous avez scanné une planète entière avant de vous rendre partout où vous vouliez aller, vous savez vous arrêter en route sur le chemin du retour et cerise sur le gâteau vous avez trouvé le passage.
Moi : Le passage ?
S. Martin : L’univers est divisé en poche et ces poches sont reliées entre elles par des passages. A l’intérieur d’une poche, les civilisations évoluent la plupart du temps de concert. Ce qui fait qu’un habitant de planète alpha a peu de chance, en principe – sauf à s’appeler Élisa Martin – de se retrouver sur une planète de niveau gamma, comme Dalygaran.
Moi : Je vois. Et parmi les capacités spéciales que je peux avoir, suis-je capable de percevoir quelque chose à travers l’esprit d’autres personnes ?
P. Martin : Que voulez vous dire ?
Moi : Sur Dalygaran, je suis allée dans une école. Les enfants ont entonné le chant de cérémonie de l’anneau d’or. J’ai été comme hypnotisée par ce chant et j’ai dessiné le levé de l’anneau d’or. Alors que je ne l’avais jamais vu.
S. Martin : Vous dessiniez ?
Moi : Je vous l’ai déjà dit. Je suis douée. Ils appréciaient mes dessins là-bas. Vous n’avez pas répondu à ma question.
P. Martin : Oh cette image vous vient bien de quelques part et les enfants sont d’excellents candidats. Ce sont d’excellents émetteurs.
Moi : Émetteurs ?
S. Martin : Les adultes enfouissent leur pensées. Pas les enfants. Ils ont plutôt tendance à les projeter.
P. Martin : Malgré tout, c’est une capacité inattendue. Même pour vous. J’imagine que c’est l’alchimie avec le corps Dalygarien qui a opéré. Vous avez hérité de leurs capacités, et vous en avez gagné de nouvelles. Que vous n’aurez jamais que dans ce type de corps.
Moi : Vous m’en direz tant. Et d’où me viennent ces aptitudes ?
P. Martin : Nous ne savons pas.
Moi : Vous mentez. Vous venez de me parler des capacités que je n’aurai pas du avoir, c’est donc que vous avez un profil.
P. Martin : Soyez raisonnable. On ne peut pas vous le dire.
Moi : Pourquoi ?
P. Martin : Spaleur(1). Vous devrez le découvrir par vous même.
Moi : Je ne vois pas comment.
P. Martin : Je suis certain que vous trouverez.
Moi : Si vous le dites. Pourquoi je me souviens ?
S. Martin : Restauration spontanée des souvenirs.
P. Martin : Si vous n’aviez pas cette capacité, nous n’aurions pas cette conversation. Nous allons devoir vous faire confiance.
Moi : ME faire confiance ? Vous êtes gonflés !
P. Martin : Et vous devrez nous faire confiance à nous aussi.
Moi : On verra.
S. Martin : Avez vous compris pourquoi nous vous effacions la mémoire ?
Moi : Je crois que oui. Pour que je ne raconte rien.
P. Martin : C’est exact. Et vous allez faire quoi maintenant ?
Moi : Ne rien raconter. Je l’ai promis à un ami sur Dalygaran et je ne compte plus le faire pour le reste. Je n’avais pas conscience d’être si différente. Je n’ai pas envie de devenir le monstre de service. Qui me croirait de toute manière ?
S. Martin : Oh, on trouve toujours au moins une oreille attentive sur Terre.
Moi : Et des milliers d’autres personnes qui vous raillent.
S. Martin : Vous pouvez nous parler, à nous.
P. Martin : Oui, à nous vous pouvez parler. Nous sommes sans doute les seuls à qui vous pouvez parler sur Terre.
Moi : Vous avez de la chance que j’ai vraiment besoin d’évacuer tout ça.

Et je me suis mise à raconter. Après le récit de l’escapade à la Grande Cascade, je fais une pause, tout de suite utilisée par l’un des Martins.
S. Martin : Ce Commandant, vous semblez l’aimer beaucoup…
Moi : il m’a trahie ! je réponds avec colère.
S. Martin : Oula ! Sujet sensible on dirait. Le Commandant et vous…
Moi : On n’a pas ronronné ensemble si c’est ce que vous voulez savoir. De toute manière j’étais dans un corps d’homme.
S. Martin : Mais je…
P. Martin : Sylvestre, la ferme ! Élisa, continuez…
Je prends une grande respiration et je poursuis mon récit, jusqu’au jour de mon retour sur Terre. Puis je me tais un instant.
Comme les deux Martins ne disent rien eux aussi, je me sens obligée d’ajouter :
– J’ai terminé.
P. Martin : Eh bien, vos journées ont été bien remplies.
Moi : On peut le dire. C’était une sacrée expérience, et ce corps, une sacrée découverte. Au niveau des sensations c’était… inattendu. Je suis allée de surprise en surprise.
P. Martin : Nouvelle forme, nouvelle force, nouvelles capacités, vous y êtes allée à fond !
Moi : J’étais coincée dans ce corps, il fallait bien que je m’occupe.
Le silence s’installe quelques instants. C’est Sylvestre qui reprend la parole.
S. Martin : Dites moi, j’ai une question à vous poser. Pas au sujet de votre voyage, mais de nous deux.
Moi: Pardon, nous deux ?
S. Martin : Mais non, pas vous et moi. Lui et moi. Nous, les deux Martins quoi.
P. Martin : Oh non, pas ça. Sylvestre !
S. Martin : Mais elle a la réponse.
P. Martin : On n’a pas besoin de réponse.
S. Martin : Moi si.
Moi : Eh oh. Je suis là. Vous voulez savoir quoi Sylvestre ? Vous permettez que je vous appelle Sylvestre.
Sylvestre : Ça ne me gène pas.
Moi : Alors c’est quoi la question.
Sylvestre : Pourquoi les deux seigneurs ? Vous nous avez appelé les deux seigneurs. Enfin pas vous, l’autre.
Moi : Quoi ?
Sylvestre : C’est apparemment cette appellation qu’il a trouvé en premier dans la trace de mémoire que vous lui avez laissé.
Moi : Je l’ai entendu le jour de mon entraînement, à la cafète de la loterie. J’allais partir quand les deux opérateurs…
Sylvestre : Scientifiques.
Moi : Vous voulez savoir oui ou non ?
Sylvestre : Désolé.
Moi : Alors ils sont arrivés à la cafétéria et se sont assis à une table juste derrière moi. J’étais cachée par une cloison, mais j’ai très bien entendu leur conversation. Et c’est le surnom qu’ils vous ont trouvé. Vous êtes distants et coincés selon eux. Hautains qui plus est.
P. Martin : On dirait que ça vous fait plaisir de nous le dire.
Moi : Vous avez joué avec ma mémoire. Ne vous étonnez quand même pas que j’ai une petite dent contre vous.
Sylvestre : Rancunière donc.
Moi : Vous n’avez pas idée. Au fait comment ça se fait que je peux être ici, dans la salle de voyage de la loterie, 10 jours après mon voyage précédent. Je suis censée en faire un seul par mois. normalement.
P. Martin : Indemnité pour être ressortie malade de l’unité de voyage. Nous avons été très persuasifs. Suspicion de contamination du gaz. Allez savoir pourquoi, ils ont préféré qu’on n’investigue pas plus avant.
Moi : En tout cas pour moi les voyages c’est fini.
Sylvestre et Paul Martin : Quoi ?
Moi : Je ne peux pas accumuler des souvenirs dont je ne peux parler à personne. Et je ne veux plus être une fouine. Oui une fouine, une voyeuse, après avoir partager la vie d’un peuple sur une autre planète. Je ne pourrais plus faire ça et je ne peux pas non plus me permettre de reprendre le passage sans risquer de trahir mes amis. Je dois arrêter. J’en connais une qui va être contente, c’est ma mère. Vous avez recollé les morceaux avec elle, j’ai cru comprendre.
P. Martin : Oui. Elle nous a trouvé très charmants. Et elle n’est plus fâchée contre vous.
Moi : Mais avec Nicolas…
Sylvestre : Ils vous a laissé un message.
Moi : Vous l’avez écouté ?
P. Martin : Nous devions vous empêcher de faire des bêtises. Enfin l’autre. Alors oui nous l’avons écouté.
Moi : Et ?
Sylvestre : Vous devriez l’écouter. Nous ne l’avons pas effacé.
Moi : Laissez moi deviner – rupture.
P. Martin : Il a rencontré quelqu’un.
Moi : Ça devait finir ainsi.
Sylvestre : Et c’est tout ?
Moi : Oui c’est tout. À chaque voyage, je m’éloignais de lui.
P. Martin : Vous ne voulez vraiment plus voyager ? Il y a d’autres passages où personne ne vous connaît.
Moi : Et il voudront m’effacer la mémoire.
Sylvestre : Il y a des chances.
Moi : Alors non. Plus personne ne touche à ma mémoire ou n’envisage de le faire.
P. Martin : Ne vous pressez pas pour prévenir la loterie. Prenez le temps de la réflexion. Et venez nous voir si vous avez besoin de parler.
Paul Martin me tend une carte avec une adresse et des coordonnées téléphoniques.
Moi : Ma décision est prise, mais oui, restons en contact. Je pourrais vous amener des dessins ?
P. Martin : Venez donc dessiner chez nous. Nous avons des toiles.
Moi : C’est vrai ?
Sylvestre : Tout à fait. Elles ne sont pas d’ici, mais je suis sûr qu’elle vous plairont.
Moi : Inutile de vous demander d’où elles viennent, hein ? Peu importe de toute manière. Messieurs, je pense que vous allez me voir bientôt, dis-je enthousiaste.
P. Martin : Nous en serons ravis.
Moi : Paul, Sylvestre, il va falloir que je rentre chez moi maintenant.
Paul : Appelez nous.
Moi : Je n’y manquerai pas. Allez, salut les deux seigneurs.
Sylvestre : vous êtes …
Moi : Je sais – impossible !

Deux mois plus tard.
“Élisa. Enfin vous êtes endormie. Je suis… venu sans corps. Je sais que… vous pouvez m’entendre. Étoile Scintillant… dans l’Immensité de… l’Univers m’a tout raconté. Vous devez… revenir sur Dalygaran. La planète est… en danger. Tout le monde… est en danger. Je suis très… faible. Vous êtes… attendue en salle de dé…barquement. Je vous en… supplie. Venez.”

Je me réveille brutalement et je suis glacée.
Le Commandant. C’était le Commandant.

A suivre…

Annie

2 commentaires

  1. Bonjour Annie. Très belle histoire et beau cliffhanger à la fin. La seule critique que je peux faire c’est le chapitre 8 qui à mon avis casse le rythme de l’histoire. J’espère que tu écriras la saison 2. J’aurais aimé savoir quand même qui sont réellement Sylvestre et Paul Martin, car je trouve qu’ils savent beaucoup trop de chose (notamment le fait qu’ils connaissent Daligran alors qu’aucun humain avant Elisa n’est censée l’avoir visité).

    • Merci Cyrille !
      Pour ce qui est de Paul et Sylvestre Martin, je crains que le mystère ne s’épaississe dans l’épisode 2. Nos oiseaux sont spéciaux et la révélation du secret de leurs origines n’est pas prévue avant l’épisode 3. Et au jour d’aujourd’hui, cet épisode 3 est plus qu’embryonnaire. Mais moi je sais qui ils sont. Ça m’a paru évident au bout d’un moment 😉 Parce qu’au départ, il ne faut pas croire que tout est pensé, léché. Mes deux gus, je savais qu’ils étaient différents, mais je n’avais encore rien décidé de définitif à leur sujet. Aujourd’hui, si. Quant au chapitre 8, ben tu as peut-être raison. Mais c’est un chapitre dans lequel une décision importante a été prise. Je n’en dirais pas plus. Spaleur :p

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