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Chapitre 8 – Une autre proposition

Le Commandant est allongé à coté d’Élisa qui respire paisiblement. Cela fait bien un bon quart d’heure qu’ils sont revenus de Dalygaran en fête. Il s’assoit, puis se lève, et enfin se penche pour lui déposer un baiser sur le front. Il sort sans bruit de la pièce et se retrouve face aux deux Martins.Le Commandant : Elle s’est endormie…
Paul : Tout s’est bien passé ?
Le Commandant : Oui. Je peux vous assurer qu’elle a vraiment apprécié cette journée.
Sylvestre : Et vous ?
Le Commandant : Comment ça moi ?
Sylvestre : Voyons, vous êtes entre deux mondes maintenant. Votre cœur doit être partagé entre ici et là-bas.
Le Commandant encore un peu faible s’assoit dans un fauteuil face aux deux Martins. Pendant quelques instants, il semble perdu dans ses pensées.
Le Commandant : Aller sur Dalygaran est toujours une immense joie. Et j’ai toujours un pincement au cœur quand je dois partir, c’est vrai, à chaque fois. Pendant tout ce mois où j’ai fait des aller-retours, j’aurais aimé pouvoir y rester plus longtemps… Mais jamais, jamais je ne regrette de revenir ici, du moment que c’est pour être avec elle. Je suis heureux d’être vivant. Heureux de vivre au coté d’Élisa. Cette seconde chance, c’est un sacré cadeau que vous m’avez fait là… même si je sais que ce n’est pas pour moi que vous l’avez vraiment fait.
Paul : Nous voulions qu’Élisa puisse partager sa vie de voyageuse dans l’espace avec quelqu’un d’autre que nous capable de comprendre ce qu’elle vit. Il se peut qu’un jour nous soyons obligés de rentrer chez nous et nous ne voulions pas la laisser seule. Ni Sylvestre, ni moi n’avions cependant imaginé un tel attachement entre vous deux. Nous comptions sur votre conscience de militaire pour veiller sur elle. Pour reprendre notre rôle. Je crois que ni lui ni moi ne sommes inquiets aujourd’hui sur votre engagement à la protéger, en premier lieu d’elle même…
Le Commandant sourit.
Le Commandant : Nous veillons l’un sur l’autre.
Sylvestre : Et nous sur vous deux.
Paul : Pour le moment.
Le Commandant : Je sais que vous ne pouvez répondre à mes questions. J’ai la quasi certitude que votre présence ici à un rapport avec le futur, le vôtre et celui d’Élisa. Vous pensez bien que lors de mes escapades sur Dalygaran, j’ai mené mon enquête. En tant que Commandant en chef, je suis le gardien du continuum temps et j’ai accès à une banque de données immense. Et vous savez ce que j’ai trouvé?
Paul et Sylvestre le regarde en silence.
Le Commandant : Rien. Absolument rien. Vous n’existez pas. Ni dans le passé, ni dans le futur. Ou alors je n’ai pas encore cherché assez loin.
Paul : S’il vous plaît, tout ce que vous devez savoir ce que nous venons d’un futur très lointain et que vos recherches pourraient compromettre notre mission. Si ce n’est déjà fait.
Le Commandant : Je…
Sylvestre : David, nous savions que vous ne pourriez pas vous empêcher d’enquêter. Nous n’avons pas cherché à vous en dissuader. Nous devons laisser les choses suivre leur cours. Mais du moment que vous nous en avez parlé, nous pouvons alors vous expliquer que cela représente un danger et vous demander d’arrêter. Ne vous inquiétez pas pour nous. Votre unique objectif doit être la protection d’Élisa. Nous prendrons soin de nous.
La Commandant : Essayez donc de m’empêcher de vous aider si l’occasion s’en présente…
Les deux Martins sourient.
Sylvestre : David, nous aimerions vous faire une proposition à Élisa et à vous.
Le Commandant lance à Sylvestre un regard interrogateur.
Paul : Vous venez souvent ici tous les deux. A chaque fois que l’un d’entre vous doit aller sur Dalygaran, même les deux ensembles maintenant.
Sylvestre: Nous sommes propriétaire de tout l’étage ici, et nous n’en occupons que la moitié.
Paul: Nous vous proposons un déménagement.

Élisa : Qui va déménager ?
Les trois hommes se retournent sur Élisa qui vient d’entrer dans la pièce. Elle les gratifie d’un large sourire et vient s’asseoir sur l’accoudoir du fauteuil dans lequel est assis le Commandant. Elle fixe les deux Martins attendant une réponse.
Paul : Ce n’est qu’une proposition.
Élisa : Une proposition ?
Sylvestre : Nous aimerions que vous occupiez tous les deux l’appartement mitoyen à celui-ci. Il y a même une porte commune qui vous permettrait de venir ici discrètement.
Paul : Nous en sommes les propriétaires et vous seriez nos invités.
Élisa et le Commandant se regardent.
Sylvestre : N’ayez aucune hésitation, s’il vous plaît. En quelque sorte cet appartement était plus ou moins prévu pour vous.
Élisa : Vous pouvez vous expliquer un peu là. Je suis perdue.
Le Commandant : Je pense moi aussi que vous devriez lui expliquer un peu.
Paul : Oh merci pour votre aide Commandant.
Élisa : Oh oh. Paul, jamais tu n’appelles David ainsi…
Sylvestre : Paul, David a raison, nous avons un minimum d’explication à donner.
Paul : Je sais. Mais j’ai la sensation que c’est trop tôt.
Sylvestre : Tu sais très bien que ce ne sera jamais l’heure.
Paul : Certes. Alors vous deux écoutez bien et ne posez aucune question car ni Sylvestre ni moi n’en diront plus. Élisa nous t’avons cherché, nous t’avons trouvé et notre rôle est de te protéger. Nous avons choisi en le Commandant quelqu’un qui assurera ta protection si un jour nous ne sommes plus en mesure de le faire. Nos futurs sont liés et c’est pour cela que nous ne pouvons dire qu’un minimum. Vous avoir à proximité de chez nous rendraient vos déplacement plus discrets et nous arrangeraient grandement. De plus cet appartement est bien plus spacieux que celui dans lequel vous vivez actuellement. Je vous assure vous y gagneriez. Et ce serait plus facile pour vous d’aller sur Dalygaran. Plus besoin de traverser la ville juste avant.
Élisa : Alors là les gars vous m’en bouchez un coin. Pourquoi devez vous me protéger, contre qui ?
Paul : J’ai dit pas de question. Tout ce que tu dois savoir, c’est que nous sommes là pour toi. Tu es ce que nous avons de plus précieux. Nous ne permettrons à personne de te faire du mal.
Le Commandant : Élisa, si nos futurs sont liés, nous devons en savoir le moins possible. C’est entièrement exact. Il y a pire dans la vie que d’être sous la protection d’une paire d’Epsilons. Ces deux-là débordent d’affection pour toi. Quant à moi, personne n’a besoin de me dire de prendre soin de toi.
Et il lui sourit.

Élisa : Et vous les deux Martins, qui veille sur vous ?
Le Commandant : Nous.
Élisa : Ça me va. On pourrait peut-être visiter notre éventuel futur appartement.
Sylvestre : Tu acceptes ?
Élisa : D’abord on sera deux à prendre la décision et j’ai dit “éventuel”.
Le Commandant : Arrête donc de les torturer comme ça. On peut leur dire maintenant.
Paul : Nous dire quoi ?
Élisa se racle la gorge.
Élisa : Ben en fait, on cherchait quelque chose dans le quartier, parce qu’on était un peu fatigués de ces aller-retours à travers la ville. On a commencé la semaine dernière. Mais on n’a encore rien trouvé.
Paul : Et vous comptiez nous en parler…
Élisa : Dit celui à qui je ne dois pas poser de question. Paul, Sylvestre, on tenait à vous en faire la surprise. On serait venu un jour vous annoncer que nous sommes presque voisins. Voilà tout.
Sylvestre : Et vous David, vous ne nous avez rien dit non plus.
Le Commandant : Mais moi aussi messieurs je fais partie de ces gens qui laissent les choses suivre leur cours.
Il ne peut réfréner un sourire de satisfaction à ces mots.
Élisa : En gros, à moins que ce que vous avez à nous montrer soit vraiment miteux, je pense que nous avons de forte chance d’accepter votre offre.
Paul : Allons le visiter alors.

Annie

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