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Chapitre 9 – Début d’investigation

Le Commandant et Élisa ne sont pas allés sur Dalygaran depuis la fête donnée en l’honneur de cette dernière. Ils ont été très occupés par leur déménagement dans l’appartement mitoyen des deux Martins. Le contact a été cependant gardé avec Dalygaran grâce au communicateur donné par Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers.

Le Commandant : Le Haut Commandement veut que j’enquête sur l’origine de l’épidémie qui a fait rage sur notre planète. Tu es sûre de vouloir venir avec moi ? Ça pourrait être dangereux…
Élisa : Tu vas enquêter en voyageant dans le temps ?
Le Commandant : Oui, je vais essayer de remonter aux origines de l’épidémie…
Élisa : Alors je te suis. Le nouveau corps n’a pas encore voyagé dans le temps. C’est le moment où jamais de le mettre à l’épreuve.
Le Commandant : Je ne sais pas si…
Élisa : Je ferai un test avant, comme tu as pu le faire avec l’autre corps. Et s’il y a le moindre souci, promis je ne te suivrai pas. Je t’attendrai chez Etoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers et Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora.
Le Commandant : Promis ?
Élisa : Promis. Allons voir nos voisins.
Elle appuie sur le bouton d’un communicateur interne.
Élisa : Salut les gars, on arrive. Euh, on peut ?
Pas de réponse.
Élisa : Il y a quelqu’un ?
Paul : Élisa ? On ne fait pas le pied de grue près du communicateur. Laisse nous le temps de répondre. Nous vous attendons.
Comme il leur avait été expliqué, les deux appartements communiquent et c’est donc par la porte commune que le couple entre chez les deux Martins.
Sylvestre : Bonjour vous deux. Vous vous plaisez dans vos nouveaux appartements ?
Élisa : Il est parfait.
Paul : Visite de courtoisie ou voyage spatial ?
Le Commandant : Voyage spatial. On se contentera de pilules simples cette fois-ci. 12h seront largement suffisantes.
Élisa : Tu es sûr de ça ?
Le Commandant : On va voyager dans le temps. Ce n’est pas à toi que je vais apprendre qu’on peut revenir très près de notre départ. Après, on verra ce qu’il nous reste à faire sur la planète, mais nous devons éviter d’accumuler des voyages longue durée. Ça épuise l’organisme…
Paul : Il a raison Élisa. Les pilules de 24h doivent être l’exception. Rien qu’avec ces voyages à répétition, vous mettez votre corps à rude épreuve tous les deux.
Le Commandant : J’en suis conscient. Il va falloir que nous trouvions un rythme un peu moins soutenu. Je n’ai pas le temps de me construire une vie sur Terre. Je ne suis jamais là. Enfin pas suffisamment.
Élisa : Tu veux moins voyager ?
Le Commandant : Je veux passer plus de temps ici. C’est comme un voyage pour moi ici. Je veux apprendre à connaître la planète qui m’accueille. De toute manière, je ne peux pas continuer à être le Commandant en chef de l’armée Dalygarienne. Je leur ai déjà dit, mais les candidats ne se bousculent pas pour ma succession. Je peux continuer à être instructeur de temps à autre. Toi aussi Élisa, tu vas pouvoir l’être.
Élisa : Tu plaisantes ?
Le Commandant : Non, tu as la plus longue expérience de voyage dans le temps dans un corps transporteur Dalygarien… De plus tous les deux, nous avons accepté la mission historique de restauration des données perdues. Nous allons avoir une expérience solide de voyage dans le temps avec ces corps.
Élisa : Franchement, je n’ai pas réfléchi à ça…
Sylvestre : Je contacte Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers pour le prévenir de votre arrivée ?
Le Commandant : Oui Sylvestre, dites lui que nous sommes prêts.
Et Sylvestre quitte la pièce.
Paul : L’objectif de votre voyage cette fois-ci?
Élisa : Une enquête !
Paul : Et vous l’emmenez avec vous ?
Le Commandant : Il n’y aura pas moyen de l’en dissuader je crois.
Élisa : Mais qu’est-ce que vous pouvez m’énerver à parler de moi comme ça, comme si je n’étais pas là.
Paul : Soyez prudents.
Le Commandant  s’apprête à répondre lorsque Sylvestre revient à nouveau dans la pièce.
Sylvestre : Les deux corps seront prêts dans un peu plus de un centième a dit Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, ça fait quoi ça, une vingtaine de minutes ?
Le Commandant : Oui à peu près.
Élisa  : Et si nous occupions ce temps à vous montrer comment nous avons aménagé notre appartement. Depuis que nous avons emménagé vous n’êtes pas encore venu.
Le Commandant : Excellente idée, Paul, Sylvestre, venez donc.

Et sans attendre une quelconque réponse des deux Martins, Élisa prend le chemin de l’appartement qu’elle occupe avec le Commandant. La visite s’accompagne de joyeux babillages de part et d’autres. Les deux Martins ont l’air ravis. Puis Paul finit par dire
– Près de 25 minutes depuis l’appel à Dalygaran maintenant. Vous êtes attendus tous les deux. Retournons à coté.
Le dispositif n’a pas changé depuis la dernière fois. Les pilules et les verres d’eau sont déjà déposés à proximité des couches.
Sylvestre : A très bientôt.
Élisa embrasse les deux Martins chacun sur une joue. Le Commandant se contente d’un signe de la main.
Élisa : A très bientôt.
Ils prennent tous les deux leur pilule de voyage et s’allongent.

Arrivés sur Dalygaran, chacun dans leur corps, ils ouvrent les yeux pour découvrir Etoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora et la petite Cristal de Lune dans ses bras.
Élisa : On a un comité d’accueil on dirait.
Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora donne le bébé à son mari et s’en va serrer successivement Élisa et le Commandant dans ses bras.
Fleur : Vous êtes partis sans dire au revoir la dernière fois – leur dit-elle avec une pointe de reproche dans la voix.
Le Commandant : Nous avions épuisé notre temps, on est parti un peu en urgence.
Élisa : On n’a pas vu le temps passer à la Grande Cascade.
Étoile : Vous êtes allé à la Grande Cascade ?
Élisa : Oui, c’est un lieu que nous apprécions tout particulièrement. Je ne suis pas la seule à aimer nager.
Étoile : Oh je sais à quel point vous aimez nager.
Fleur  : Vraiment ?
Étoile : Euh, et si nous leur disions pourquoi nous sommes tous là ?
Élisa et le Commandant interrogent du regard le couple qui leur fait face.
Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers et Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora semblent attendre chacun que l’autre se jette à l’eau.
Étoile : On aimerait…
Fleur : … que vous deveniez…
Étoile : … les parents de coeurs…
Fleur : … de notre fille.
Élisa se retient d’éclater de joie. Elle demande faussement intriguée :
Élisa : Parents de coeur ?
Fleur : Ça n’existe pas sur Terre ?
Le Commandant : Sur Dalygaran, des parents peuvent décider d’agrandir leur cercle familial en désignant pour leur enfants des parents de coeur parmi les personnes qu’ils estiment grandement.
Élisa : Tu veux dire un parrain et une marraine ?
Etoile : Oui, c’est ça. Ça existe sur Terre alors ?
Élisa : On ne les appelle pas des parents de coeur, et ils sont plutôt choisis dans la famille même, mais il y a quelque chose d’équivalent oui.
Fleur : Alors, vous êtes d’accord ?
Le Commandant et Élisa se regardent sans répondre. Élisa ne peut s’empêcher de ressentir une joie immense, presque un soulagement. “Enfin” se dit-elle. “Je commençais à croire que j’avais mal compris ou que le futur pouvait être changé”. Le Commandant regarde Élisa.
Étoile : On aurait préféré vous annoncer ça lors d’un repas à la maison, mais comme on ne sait jamais quand vous arrivez et quand vous partez…
Élisa ressent un certain trouble de la part du Commandant. Elle lui prend la main.
Élisa : Je…
Le Commandant : … nous…
Élisa : sommes …
Le Commandant : … très honorés.
Fleurs Parfumée de la Plaine d’Isadora, se jette littéralement sur lui pour le serrer dans ses bras, puis fait de même avec Élisa.
Fleur : On avait tellement peur que vous pensiez que ce soit inapproprié. Par rapport à là où vous habitez je veux dire…
Le Commandant : Il est vrai que nous allons devoir trouver un rythme de voyage moins effréné que ces derniers temps, mais je pense que nous serons toujours heureux de venir vous rendre visite de temps à autre, pour voir grandir notre fille de cœur.
Élisa dans un large sourire : Sur Terre on dirait filleule. Mais fille de cœur, je trouve ça très joli. Et en tant que parents de cœur, nous devenons, comment dire, des proches.
Fleurs : Bien évidement.
Elisa : Nous allons donc cesser de nous vouvoyer, ne pensez vous pas ?
Fleur : J’en serais ravie.
Étoile : Moi également.
Le Commandant : Notre venue ici aujourd’hui est cependant très professionnelle.
Étoile : Oui. Le Haut Commandement m’a demandé d’être prévenu lorsque l’un de vous deux serait de retour. Ils m’ont laissé un message pour le Commandant : priorité à l’enquête. Et passez les voir avant de repartir.
Le Commandant : D’accord. Élisa, tu as un test à faire.
Élisa : Ok Commandant, j’y vais.
Et elle disparaît en lui faisant un clin d’œil.
Le Commandant : Elle doit vérifier que son corps répond bien aux voyages dans le temps.
Élisa : C’est impec.
Étoile, sursautant de surprise : Je ne me ferai jamais à ça…
Le Commandant : Où es-tu allée ?
Élisa :  Je suis allée me voir sauter de la passerelle la première fois. J’étais furieuse contre toi…
Le Commandant : Je m’en souviens.
Fleur : Eh bien Etoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers et moi-même allons vous laissez à votre mission. Allez viens on s’en va.
Étoile : Je…
Fleur : On s’en va…
Étoile : Oui.
Et les voilà qui quittent la pièce, la mère reprenant sa fille dans ses bras.

Le Commandant : Tu le savais…
Élisa : Je te demande pardon ?
Le Commandant : Tu le savais. Cette joie que tu as ressentie quand Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora nous a demandé si on était d’accord, elle était pleine et entière. Moi j’ai été surpris. Toi non. Comme si c’était quelque chose que tu attendais. Je suis certain que tu le savais. Ils t’en avaient parlé ?
Élisa : Non.
Le Commandant : Mais tu le savais.
Élisa : Oui. Je suppose que tu veux savoir comment.
Le Commandant : Oui.
Élisa : J’ai rencontré notre filleule adulte.
Le Commandant : Tu as été parfaite, à part cette absence de surprise qui m’a mis la puce à l’oreille.
Élisa : Tu ne m’en veux pas ?
Le Commandant : Oh que non. Ce que tu sais du futur tu ne dois le dire à personne et plus dur encore tu dois agir comme si tu ne le savais pas. Et c’est que tu as fait, pour quelque chose qui apparemment te remplit de joie. Je ne te connaissais pas une telle maîtrise de tes émotions.
Élisa : J’ai suivi une sorte d’entraînement.
Le Commandant : Un entraînement ?
Élisa : Oui, mais je ne suis pas prête à en parler maintenant. S’il te plaît…
Le Commandant : D’accord, ce sera quand tu voudras. Partons maintenant. Allons mener cette enquête. Mais d’abord, on va tenter une technique de voyage qui va nous permettre de nous suivre l’un l’autre. Ainsi un seul d’entre nous aura besoin de connaître les coordonnées. On va appeler ça le voyage en duo. L’un de nous deux choisit le moment et le lieu d’exploration et l’autre se concentre sur son partenaire de manière à le suivre. Je serais le suiveur. Emmène nous vers la montagne Laurina peu après ton départ – le premier je veux dire, quand tu es rentrée sur Terre.
Élisa  : D’accord.
Puis elle se dématérialise.
Le Commandant : Pas tout de…
Le Commandant arrive avec un peu de retard et à une centaine de mètres d’Élisa.
Élisa : Ça n’a pas l’air d’être au point ton truc.
Le Commandant : Je n’avais pas fini de parler. J’ai du te chercher un peu là. Ça aurait pu durer beaucoup plus longtemps. Ne recommence jamais ça.
Élisa : Je te sens fâché.
Le Commandant : Élisa en mission je veux que tu écoutes les instructions. Je n’ai même pas eu le temps de te les donner.
Élisa : Je pensais que c’était fait.
Le Commandant : Ça ne l’était pas. Pour que ça ait une chance de marcher – le déplacement en duo je veux dire – nous devons partir au même moment. C’est pourquoi nous devons convenir d’un signal de départ. Connais tu la rivière qu’il y a à une dizaine de kilomètres d’ici dans cette direction ?
Élisa : Oui, je pense que c’est là que j’ai rencontré l’Ermite. Ce n’est qu’à une dizaine de kilomètres ?
Le Commandant : A vol d’oiseau. C’est beaucoup plus long à pieds…
Élisa : Alors finalement, ce n’était pas ici que tu voulais aller.
Le Commandant : Nous avons besoin d’être absolument au point avant de commencer… Ok. On y va à trois. Un, deux, et trois.

Et ils se dématérialisent quasiment tous les deux en même temps. Ils se re-matérialisent près de la rivière. Le Commandant et Élisa sont face à face. Le Commandant à mis son index sur sa bouche intimant ainsi à Élisa de se taire. Des voix se font entendre. Le Commandant la prend par la main et ils se dirigent tous les deux sans bruit vers les voix.
A l’abri d’un buisson épais, ils observent ce qui semble être deux Frigellyens dans leur bulle de sécurité en train de s’affairer.
Élisa à l’oreille du Commandant : Les Frigellyens peuvent respirer sur Dalygaran ?
Le Commandant à l’oreille d’Élisa : Ils n’ont besoin d’aucun équipement, tant qu’ils ne quittent pas leur bulle de sécurité je pense. Je vais m’approcher. Tu m’as dit que tu pouvais rentrer dans leur bulle de sécurité grâce aux gènes que tu as. Je les ai aussi. Attends-moi là.
Élisa : Je viens avec toi.
Le Commandant : Ne discute pas. Là c’est le Commandant qui te parle. En approche de l’ennemi, on n’envoie pas toute la cavalerie. Nous ne sommes que deux. L’un d’entre nous doit veiller sur l’autre. Alors tu veilles sur moi.
Élisa : Bien Commandant.
Le Commandant : Ce n’est pas le moment de bouder.
Et il lui envoie ce sourire qui la fait tant craquer. Le Commandant se rapproche en rampant. Il observe les deux personnes, deux hommes qui sont là. Ils ont un coffre ouvert et 5 fioles à l’intérieur, plus 5 espaces vides. Le Commandant se déplace à nouveau sans bruit au plus près possible. Tout à coup, il sent quelque chose lui entourer le cou puis un clic.
L’inconnue :  Et voilà la sale fouineuse. Cherche pas à t’enfuir chérie, c’est un désactivateur de déplacement que tu as autour du cou et fait gaffe on est trois…
La femme Frigellyenne qui vient lui passer le collier désactivateur le prend pour Élisa.
L’inconnue : Cherche pas à l’enlever non plus, il faut un déverrouilleur et  on n’emmène jamais les déverrouilleurs avec nous. Par sécurité. Eh les gars, regardez donc qui je viens de trouver ! Amenez moi le scanner.
L’un des deux hommes s’en va chercher un petit appareil en forme de sphère.
L’inconnue : On va voir ce que t’as dans la tête ma belle.
La femme enfonce son pouce sur le sommet de la sphère et ferme les yeux.
L’inconnue : Rien. Je ne vois rien ! Elle sait faire fonctionner le verrou psychique. On m’avait dit que tu étais douée, mais à ce point, là tu m’épates. Bon, Rigo prend les 5 fioles qui restent pour les placer là où c’est prévu. Et toi Tilean tu vas chercher Inissina, et tu lui expliques la situation.
Les deux hommes prennent place chacun sur un siège, sortent un genre de mini-console de leur poche, appuient en plusieurs endroits sur leur écran et se dématérialisent.
La femme est seule maintenant et elle sent un index lui tapoter l’épaule. Lorsqu’elle se retourne, elle se prend un gigantesque coup de poing dans la figure et tombe ko.
Élisa : De la part de la fouineuse !
Le Commandant : Oh mais ce n’est pas moi qui t’ait appris ça, siffle le Commandant. Ton adversaire me semble bien abîmé. On reparlera de ça plus tard.
Élisa : Désolée, mais quand il s’agit de toi, je manque encore un peu de self-contrôle.

Le Commandant se frotte machinalement la joue, repensant à la gifle qu’il avait reçu lors de leurs retrouvailles.
Élisa : On la ligote ?
Le Commandant : Avec quoi ? On va plutôt l’endormir un peu plus durablement.
Le Commandant fouille dans la poche gauche de sa combinaison et sort une petite trousse.
Élisa : Qu’est-ce que c’est ?
Le Commandant : Le petit attirail du soldat en mission. Je vais lui faire une injection. Elle va dormir pour un bon moment et perdra la mémoire des événements récents au moins pendant une lune. Les Frigellyens ont une restauration automatique de la mémoire, on ne peut vraiment leur effacer aucun souvenir.
Élisa : Je sais. On est comme eux
Le Commandant : C’est vrai. C’est pour ça que ta mémoire se régénérait…
Élisa : Pourquoi veux-tu qu’elle oublie : les autres t’ont vu de toute manière.
Le Commandant : Ils m’ont pris pour toi et ils ne t’ont pas vu toi. Ils ne savent pas que nous sommes deux. D’ailleurs, partons, avant qu’ils ne reviennent.
Élisa : Où allons nous ? Tu ne peux plus te déplacer…
Le Commandant : Oh que si je le peux. Grâce à toi. Il va falloir que tu fasses le lien.
Élisa : On est déjà lié.
Le Commandant : Pas celui-là, il est effectivement permanent. Plutôt comme avec les chevaux. Tu vas commander mon esprit pour que je puisse te suivre.
Élisa : On peut faire ça ?
Le Commandant : Oui, on est empathique. On ressent les choses tout en restant à la surface mais on peut aller plus loin si la personne nous laisse entrer. Et je vais te laisser entrer. Viens là tout près de moi et enlace moi. Trouve le chemin dans mon esprit et allons sur Frigellya. Nous avons quelques points à y éclaircir.
Élisa : Je vais essayer de nous emmener au point de rendez-vous avec Mira et Reymo, des amis. Ils m’ont emmené une fois dans leur QG. Et quand je suis allée une fois quelque part, j’ai les coordonnées dans la tête et je peux y retourner.
Le Commandant lui souriant : Tu es un pilote hors paire. Allons là-bas.
Élisa se blottit contre Le Commandant et l’entoure de ses bras. Le Commandant passe ses bras autour d’elle à son tour. Tous les deux ferment les yeux et se dématérialisent ensembles peu après.

Élisa, les bras toujours autour du Commandant ouvre un œil.
– On a réussi ? demande-t-elle.
Ils se séparent et elle regarde  autour d’elle.
Élisa : Je ne reconnais pas l’endroit…
– Vous êtes pourtant bien au point de rendez-vous.
C’est la voix de Mira. Élisa et le Commandant se retournent, et découvrent aussi la présence de Reymo.
Mira : Très fort le coup du voyage à deux. Vous avez atterri au bon endroit, mais pas à la bonne époque. Le fait d’avoir à transporter deux esprits vous a quelque peu retardés. Vous êtes 150 années Frigellyennes trop tôt. L’abri n’a pas encore été construit.
Le Commandant :  Mais comment se fait-il que vous soyez ici ?
Mira : Commandant Cristal de Lune, laissez moi vous débarrasser de ça d’abord.
Mira sort de sa poche une sorte de télécommande qu’elle presse. Chacun peut entendre un clic. Le Commandant rattrape le collier désactivateur qui était en train de lui glisser du cou.
Élisa : Mais comment vous savez qui il est ?
Le Commandant ne dit rien, mais son regard interrogateur indique qu’il attend lui aussi une réponse.
Mira : C’est vous deux qui nous avez envoyé ici.
Le Commandant : C’est la première fois que je vous vois.
Reymo sourit et lui répond :
– Oh c’est donc à ce moment que je vous dit : ”vous n’êtes pas sans savoir qu’avec les voyages dans le temps, nous ne vivons pas forcément toutes les choses dans le même ordre”. Quand vous allez partir d’ici, vous allez nous rencontrer à notre époque, tout nous raconter et nous envoyer vous porter secours… Très sympa ce nouveau corps Elisa, je n’ai pas eu le temps de vous le dire.
– En tout cas merci, dit le Commandant, en agitant le collier qu’il tient toujours à la main.
Mira : Puis-je le récupérer. C’est un élément de preuve dans l’enquête que nous menons sur les événements de Dalygaran. Vous avez déjà négocié le total accès au dossier Commandant. Enfin pas encore de votre point de vue, mais ça ne va pas tarder. Vous nous trouverez à +150 années, 45 jours et 3h frigellyenne.
– Ok, fait Élisa.
– At…
Élisa se dématérialise…
– … tend termine le Commandant.
– Elle a toujours été très rapide, s’esclaffe Mira.
Le Commandant sourit.
Le Commandant : Mira et Reymo, c’est ça ?
Les deux époux hochent de la tête.
Le Commandant : J’ai besoin d’un scanner psychique. Oh et aussi d’un de vos brouilleurs tant que j’y suis…
Mira : Vous savez pour les brouilleurs ?
Le Commandant : Je suis un militaire. Et j’ai aussi maintenant une nouvelle partenaire. Très douée, mais qui n’a pas reçu l’entraînement nécessaire au contrôle du psychisme. Je dois lui apprendre à verrouiller son esprit, l’ouvrir et détecter le brouillage. J’aimerais qu’on commence cet entraînement le plus vite possible. Avant de repartir de Frigellya. On se retrouve dans le futur…
Et le Commandant se dématérialise avant que Mira ou Reymo n’ait le temps de répondre quoi que ce soit.
– Ils font vraiment la paire ces deux là ! marmonne Reymo. Rentrons.

150 années Frigellyenne plus tard, au même endroit.
Le Commandant et Élisa se retrouvent dans l’abri.
Élisa : C’est bien là, mais il n’y a personne. Passe moi le révélateur, je vais les appeler.
Mira : Ce ne sera pas utile.
Elle et Reymo viennent de se matérialiser à l’instant dans l’abri.
Reymo : Nous avons une alarme qui nous prévient dès lors que quelqu’un entre dans cet abri. Vous êtes donc deux. Élisa qui est avec vous ?
Reymo regarde en fait le Commandant.
Élisa:  Hem, Élisa c’est moi. Passe moi le révélateur.
Le Commandant fouille la poche de sa jambe gauche et tend le révélateur à Élisa qui le met aussitôt à son poignet et appuie sur le bouton rond.
Élisa : Me voilà.
Reymo : Mais alors qui est l’autre personne ?
Élisa retire le bracelet ce qui lui fait reprendre sa forme de voyageur immédiatement et le donne au Commandant.
Élisa : Vas-y montre leur qui tu es.
Sans un mot le Commandant met le bracelet autour de son poignet et appuie sur le bouton rond.
Mira : Nom d’un Gritchac ! Vous êtes… Vous êtes…
Le Commandant :  Le Commandant Cristal de Lune de la flotte spatiotemporelle Dalygarienne. Et ces habits sont… terriens.
Reymo : Le Commandant Cristal de Lune, le plus jeune Commandant en chef de l’armée Dalygarienne. On vous croyait mort. Enfin …
Élisa : Mira et Reymo sont de vieilles connaissances maintenant. Je leur avais parlé de toi, alors que je te croyais…
Le Commandant : Je comprends.
Il sourit.
Le Commandant :  Mais je suis vivant. Dans un corps terrien certes, mais vivant.
Mira : Pardon ?
Reymo semble tout aussi étonné que sa femme même s’il ne dit rien.
Élisa: Les deux Martins. C’est leur œuvre. Sachant qu’il n’était jamais revenu sur Dalygaran, ils l’ont intercepté lorsqu’il est venu sans corps sur Terre pour me prévenir du fléau sur sa planète. Ils lui ont offert un corps. Et il est comme moi.
Reymo :  Pouvez vous être plus précise ?
Élisa: Mon coté Frigellyen, il l’a aussi.
Reymo et Mira en chœur : Quoi ?
Élisa: Ils voulaient qu’on puisse voyager ensemble…
Le Commandant :  Écoutez, je comprends que vous soyez surpris, mais nous sommes dans une fâcheuse posture dans le passé et vous nous avez dit qu’on vous avait envoyé à notre secours.
Reymo : C’est la première fois qu’on se voit.
Le Commandant :  Quelqu’un de sage m’a dit il n’y a pas si longtemps  que ça, je cite ”vous n’êtes pas sans savoir qu’avec les voyages dans le temps, nous ne vivons pas forcément toutes les choses dans le même ordre”. Dans le passé j’ai un désactivateur de déplacement autour du cou et je suis au même endroit qu’aujourd’hui, mais quelques 150 ans Frigellyen plus tôt.
Mira : Et vous y êtes arrivés comment si vous ne pouvez pas vous déplacer ?
Le Commandant : Elle le peut.
Élisa : C’est une histoire de lien psychique, un truc Dalygarien. J’ai commandé son esprit pour qu’il me suive.
Le Commandant : Mais d’après vous, à deux on a été ralenti et on n’a pas atterri à la bonne  époque. Vous êtes venus avec un déverrouilleur et vous nous avez indiqué le différentiel de temps pour notre rencontre actuelle : +150 années, 45jours et 3h Frigellyennes.
Mira : Ok. Vous restez ici en attendant qu’on revienne. Il n’y a pas un endroit sur Frigellya plus sûr que cet abri. Nous allons chercher ce qu’il faut et nous allons délivrer le Commandant de son collier désactivateur. A tout à l’heure.
Le Commandant : Avant que vous ne partiez, j’ai une requête. Les pistes du denier fléau qui a touché Dalygaran nous ont conduit aux Frigellyens qui m’ont mis ce désactivateur autour du cou. Je demande la total coopération de Frigellya afin de nous aider à retrouver ces personnes.
Reymo : Nous sommes également sur une piste de rénégats qui conduit à Dalygan. Ce sont sans doute les mêmes. Commandant, s’agissant également de la sécurité de votre planète, vous aurez bien entendu accès à nos dossiers.
Élisa: On peut les identifier.
Mira : On verra ça à notre retour.
Et Mira et Reymo s’assoient sur leur siège et se dématérialisent.

Annie

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