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Chapitre 12 – Une page est tournée

Lorsqu’Élisa se réveille, le Commandant n’est plus à ses cotés. Elle pense savoir où il est et sourit. La veille au soir, la Reine avait organisé un grand dîner en l’honneur de ses deux hôtes Terro-Dalygarien et avait convaincu son frère de venir lui aussi. Elle l’avait installé juste à coté du Commandant, et les deux hommes avait très vite sympathisé. Nori ne se souvenait toujours pas de sa première rencontre avec le Commandant, mais celui-ci lui ayant ré-expliqué qui il était, les deux maîtres d’arme avaient pu échanger sur leur passion commune tout le long de la soirée. Quant à Élisa, elle était assise entre son compagnon et Christophe. Ce dernier était maussade. Élisa avait vite compris le mal qui le rongeait. Il pensait à la Terre et à sa compagne disparue. Il ne lui restait que Lucia, “son petit rayon de soleil” comme il l’appelait. Un repas n’était pas le lieu idéal pour les confidences, d’autant plus que la Reine avait une ouïe excellente et que son fils ne voulait pas la peiner. Mais Élisa n’avait pas besoin de discours. Elle pouvait sentir la grande tristesse qui rongeait le tout nouveau prince. Alors tous les deux, ce soir là, parlèrent chacun de leur Terre. Au moins dans ces moments-là elle le sentait se détendre.

Élisa se lève et sort dans les couloirs du Palais. Ça lui fait toujours drôle de ne pas avoir à s’habiller ni à faire de toilette. Ces machines s’auto-entretiennent, pour peu qu’on n’oublie pas de leur donner du carburant, c’est à dire de la nourriture. Elle se dirige vers la salle de combat, et comme elle l’avait deviné, elle y trouve Nori et le Commandant en train de se mesurer l’un à l’autre. Elle les observe un instant et décide de les laisser à leur occupation. Après le dîner la veille, la Reine avait conduit tout le monde sur la grande terrasse. De là-haut, on avait une vue magnifique sur la ville et ses lumières. Élisa était certaine que la vue devait être tout aussi époustouflante au matin.
Arrivée sur la terrasse, contemplant aussi la vue matinale, elle trouve Christophe avec la petite Lucia babillant dans ses bras.

ÉLISA : C’est magnifique, n’est-ce pas ?
CHRISTOPHE : Cette terrasse est un des rares endroits où je me sens vraiment bien sur cette planète. D’habitude, il n’y a personne à cette heure-ci
ÉLISA: Oh, je suis désolée…
CHRISTOPHE : Non, non, ne le soyez pas. Je n’ai pas dit ça pour que vous partiez. C’était une simple constatation. Je vous assure.
ÉLISA: Votre petite Lucia est adorable.
CHRISTOPHE : Elle est tout ce qui me reste d’Héléna. Et elle ne se souviendra même pas d’elle. Elle est bien trop petite…
ÉLISA: Un jour, vous pourrez lui expliquer qui était sa maman…
Christophe ne répond pas et le silence s’installe pendant quelques minutes. Élisa s’imprègne de la vue. Elle veut pouvoir la dessiner lorsque David et elle seront rentrés chez eux. Elle veut que Paul et Sylvestre puissent voir ça eux aussi. Même si ce n’est qu’au travers de ses dessins. Christophe finit par rompre le silence.
CHRISTOPHE : Élisa, je ne sais pas si je veux rester ici. Je me sens étranger à ce monde.
ÉLISA : Vous étiez isolé sur Terre aussi, nous avez vous raconté. Les autres ne vous avaient pas accepté. Prenez le temps d’apprivoiser ce monde. Vous vous étiez donné comme objectif d’y combattre la violence, pour elle.
Et d’un signe de tête Élisa montre Lucia.
CHRISTOPHE : Oui, c’est vrai. Mais je manque de… Je ne sais pas comment dire…
ÉLISA : Vous vous ne vous sentez pas à votre place ici, vous avez du mal à vous projeter ne serait-ce que dans un futur proche, vous n’avez qu’une envie, retrouver votre vie d’avant.
CHRISTOPHE : Vous lisez dans mes pensées ?
ÉLISA : J’ai été coincée sur une planète contre mon gré. Et bien que j’y ai trouvé des gens formidables, je n’avais qu’une envie au final : rentrer chez moi. Sauf que dans votre cas, chez vous, c’est ici.
CHRISTOPHE : Je sais. J’ai une mère et un père qui me sont littéralement tombés du ciel. Et leur amour est si intense. Je ne suis pas à la hauteur de leurs attentes…
ÉLISA : Ne dites donc pas de bêtises. Vous avez besoin de temps et c’est tout naturel. Vos parents le savent. Et si j’ai une certitude au sujet de la Reine et du Roi, c’est qu’ils sauront attendre que vous soyez prêt pour cette nouvelle vie.
CHRISTOPHE : J’ai tellement de colère au fond de moi, tellement de rage par rapport à la mort d’Helena. Tout cela est si injuste.
ÉLISA : Vous savez, je pense que votre oncle ne serait pas contre avoir un nouvel élève. Pour ce qui est de la gestion des émotions il est excellent.
CHRISTOPHE : C’est un maître d’arme.
ÉLISA : Oui.
CHRISTOPHE : Mais je ne veux pas apprendre à me battre, je veux juste oublier…
ÉLISA : : Ce que vous apprenez avec un maître d’arme c’est avant tout à vous contrôler, à canaliser votre énergie vers un objectif. Lorsque j’étais coincée sur cette planète…
CHRISTOPHE : C’était la planète du Commandant n’est-ce pas ?
ÉLISA : Oui. Je me suis lancée à fond dans les exercices physiques qu’on me faisait faire au départ. La fatigue m’aidait à oublier. Mais quand on a commencé les combats, il s’est passé autre chose. J’apprenais, je progressais et j’avais l’impression de reprendre le contôle de ma vie. L’enseignement d’un maître d’arme est un véritable échange. C’est autant une nourriture pour le corps que pour l’esprit. Vous devriez essayer. Je suis certaine que votre oncle serait enchanté de faire ça pour vous.
CHRISTOPHE : Je ne sais pas…

Élisa et Christophe entendent des pas et se retournent.
LE COMMANDANT : La voilà. Je vous l’avais dit qu’elle serait sur cette terrasse. Hier soir on s’était promis d’y aller tous les deux avant de partir. Bonjour Christophe.
Le Commandant se dirige vers Élisa qu’il serre dans ses bras.
NORI : Élisa, Christophe, quel plaisir de vous voir.
Toujours dans les bras du Commandant Élisa prend la parole
– J’étais justement en train de suggérer à Christophe de devenir un de vos élèves.
NORI : Quelle excellente idée !
CHRISTOPHE : J’ai peut-être mon mot à dire ?
NORI : Bien évidement. Mais puis-je te suggérer de venir simplement essayer un de ces soirs, après que tu aies mis la petite Lucia au lit ? Si après avoir essayé ça ne te plaît pas, il nous suffira d’en rester là. Qu’en penses-tu ?
CHRISTOPHE : Ça me semble raisonnable. Je viendrais essayer. Promis. Mais en attendant, je dois aller changer cette jeune demoiselle et nous irons ensuite voir ses grand-parents. Ils sont fous d’elle…
Et Christophe s’éloigne avec Lucia dans ses bras, babillant avec elle.
ÉLISA : Alors tous les deux, vous avez apprécié votre session de combat ?
LE COMMANDANT : Tu aurais pu rester quand tu es passée à la salle de combat…
NORI : Elle est passée à la salle de combat ?
ÉLISA : Oui, je suis passée et j’ai préféré vous laisser tous les deux.
NORI : Je ne vous ai pas vu.
ÉLISA : Aucun de vous deux ne m’a vue, mais lui, il a senti ma proximité. Un truc Dalygarien. Sur Frigellya vous avez le lien entre parents et enfants. Ils peuvent se reconnaître. Sur Dalygaran aussi, mais en plus ils ont celui de… de…
LE COMMANDANT : … l’amour. Quand deux personnes sont liées, elles peuvent ressentir la présence de l’autre, même si elle ne peuvent se voir…
NORI : Et vous deux êtes bien liés, c’est évident.
Élisa et le Commandant se mettent à rire.
ÉLISA : Oui c’est vrai.
NORI : Élisa, vous avez eu une excellente idée en proposant à Christophe de suivre une formation avec moi. Ce garçon est en morceaux, ça lui fera du bien. Et moi aussi je suis en morceaux, ça va m’occuper…
LE COMMANDANT : Nori, nous allons devoir repartir sur Dalygaran. J’ai un message de la Reine et du Roi à remettre à notre Haut Commandement et j’ai mon rapport à leur faire sur les origines de l’épidémie qui a ravagé notre planète. Nous nous reverrons sans doute. Nos planète vont sans doute négocier une sorte de coopération. Nous verrons.
Nori tend la main au Commandant le gratifiant d’un “Au revoir mon ami”. Puis il regarde Élisa ne sachant pas comment il convient de la saluer. Elle s’avance vers lui et le serre dans ses bras. “Au revoir Nori” lui-dit-elle.

– On passe par l’abri, je te suis, dit le Commandant à Élisa. A trois, un deux trois.
Et ils se dématérialisent du palais pour se rematérialiser dans l’abri de Mira et Reymo.
LE COMMANDANT : Désolé on est en retard…
MIRA : On a eu aucun mal à s’occuper en vous attendant. La femme de Nori n’a pas pu agir seule, nous sommes en train traquer son réseau. Cette histoire ne sera vraiment terminée que lorsqu’elle sera entièrement démantelée…
REYMO : Voici notre rapport complet sur ce qu’on sait à ce jour. Remettez-le à votre Haut-Commandement en même temps que le message de nos souverains.
LE COMMANDANT : Bien. Nous y allons maintenant. J’ai besoin de la musette de voyage dont Mira nous a parlé. Ce rapport ne peut être rangé dans une de nos poches, il est trop volumineux et aucun objet ne peut voyager tenu à la main. Il se perdrait pendant la dématérialisation. Il doit être amarré d’une manière ou d’une autre au corps.
Mira appose un de ses doigts sur un bouton invisible de plus et d’un tiroir qui vient de s’ouvrir elle sort le fameux sac.
ÉLISA : C’est juste un sac à dos !
MIRA : Oui, et un sac à dos reste collé au corps.
Le Commandant sourit à la surprise d’Élisa, prend le sac à dos que lui tend Mira et range le rapport donné par Reymo à l’intérieur.
MIRA : Qui a le régulateur ?
LE COMMANDANT : Moi.
MIRA : Je vous renvoie sur votre planète à votre époque, à la date et l’heure que vous m’avez indiqué hier ?
LE COMMANDANT : Allons-y. Élisa, tu vas me suivre cette fois.
MIRA : Les coordonnées sont prêtes, à vous de donner le départ.
LE COMMANDANT : Élisa, pour me suivre, tu as juste à te focaliser sur moi. Ta destination, c’est près de moi. Tu veux bien essayer ?
ÉLISA : Oui. Bien sûr que oui.
LE COMMANDANT : Mira, Élisa, à trois. Un deux trois.

Le Commandant et Élisa se dématérialisent. Puis se rematérialisent 5 minutes à peine après leur départ de Dalygaran. Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers toujours là, sursaute.
ÉTOILE : Je ne m’y ferais jamais. Vos recherches ont donné quelque chose ?
ÉLISA : J’ai réussi.
ÉTOILE : Pardon ?
ÉLISA : On voyage en se suivant maintenant.
LE COMMANDANT : C’est une technique pour être sûr d’arriver au même endroit en même temps.
ÉTOILE : Ah…
LE COMMANDANT : Je dois aller voir le Haut Commandement.
ÉTOILE : Élisa, Commandant, Fleur Parfumée de la Plaine d’isadora voudrait savoir si vous pouvez rester avec nous ce soir. Je rentre dans une heure.
Et il leur montre la tablette sur laquelle est affichée la date et l’heure Terrienne.
LE COMMANDANT : On n’a pas entamé grand chose de nos 12h.
ÉLISA : On peut rester alors ?
LE COMMANDANT : Oui. Tu n’as pas besoin de venir avec moi voir le Haut Commandement, tu sais.
ÉLISA : Tu es sûr ?
LE COMMANDANT : Certain.
ÉLISA : Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, je peux aller voir Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora maintenant ?
ÉTOILE : Evidemment quelle question. Tu peux lui passer un petit coucou par le communicateur.
Et Élisa contacte Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora. Lorsque la communication est terminée, avec un large sourire elle dit ;
“Elle m’attend”.
Le Commandant et Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers n’ont pas le temps de répondre quoi que ce soit qu’elle est déjà partie.
ÉTOILE : Elle ne change pas, hein ?
LE COMMANDANT : Oh mon ami, je t’assure que si. Mais pas sur tout, effectivement. A mon tour de partir maintenant. A ce soir.
Et le Commandant se dématérialise à son tour, laissant seul Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers.

De son coté Élisa se rematérialise devant la porte de la maison de ses anciens hôtes. Elle frappe. Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora ne tarde pas à ouvrir. Elle la serre dans ses bras. “Je suis contente que vous puissiez rester ce soir tous les deux. Entre”.
La porte se referme sur les deux femmes.
FLEUR : Alors raconte…
ÉLISA : Tu veux savoir quoi ?
FLEUR : Mais toi, le Commandant, vous deux quoi !
Élisa explose de rire.
ÉLISA : Nous sommes un couple comme les autres…
FLEUR : Vous n’êtes pas un couple comme les autres. C’est un Dalygarien dans un corps humain et toi une Terrienne qui voyage dans un corps Dalygarien. Il y a des gens au courant sur Terre ?
ÉLISA : Juste deux Epsilons.
FLEUR : J’avais entendu parler de ça. Que font deux Epsilons sur votre Terre ?
ÉLISA : Ils m’ont dit qu’ils me cherchaient, qu’ils m’ont trouvé, et que maintenant ils me protègent, mais je ne sais pas de quoi. Tout ce que je sais c’est qu’ils m’aident à chaque fois que j’en ai besoin. Ils sont adorables avec moi.
FLEUR : Et avec le Commandant ?
ÉLISA : Il y a eu des tensions, mais je crois que c’est passé maintenant.
FLEUR : Et tous les deux, je veux dire le Commandant et toi, quand avez vous su que vous étiez liés ?
ÉLISA : Le jour où on s’est retrouvé. Je l’ai reconnu. Alors qu’il était sous sa forme humaine.
FLEUR : Je le savais !
ÉLISA : Tu savais quoi ?
FLEUR : Mais qu’il t’aimait voyons. Tu n’aurais pas pu le reconnaître si de son coté il ne l’avait pas voulu. Il t’a ouvert son coeur et tu étais prête toi aussi à le recevoir. Un lien ne peut se tisser qu’à deux.
ÉLISA : Pourtant j’étais très en colère contre lui. Je pensais qu’il m’avait trahie, je l’ai giflé.
FLEUR : Quoi ?
ÉLISA : Oui, je n’en suis pas très fière. Et quelques instants plus tard, après qu’il ait pu s’expliquer, on s’est embrassé.
FLEUR : Vous étiez fait l’un pour l’autre.
ÉLISA : Pourquoi tu dis ça ?
FLEUR : Ça crevait les yeux. Ce garçon ne vivait que pour son travail et un matin, il vient te chercher pour t’emmener à la Grande Cascade.
Élisa sourit au souvenir de ce matin-là.
ÉLISA : Il m’a appris à nager. Il m’a montré les lunes de lac.
FLEUR : Il a omis de prévenir sa hiérarchie qui a été furieuse à ce qu’on m’a dit. Le Commandant Cristal de Lune. L’homme le plus droit de cette planète.
Élisa se met a rire.
ÉLISA : Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora, on était donc les deux seuls à ne s’être rendu compte de rien ?
Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora se met à rire elle aussi.
FLEUR : Il faut croire. Vous vous êtes retrouvés maintenant. C’est tout ce qui compte.
ÉLISA : Oui, il est la meilleure chose qu’il m’est arrivée depuis longtemps.
FLEUR : Vous allez vous marier ?
ÉLISA : Quoi ?
FLEUR : Vous avez parlé de mariage ?
ÉLISA : Là je dois t’avouer que non.
FLEUR : Pourquoi ?
ÉLISA : Comment ça pourquoi ?
FLEUR : On ne se marie pas sur Terre quand on est lié ?
ÉLISA : Ce n’est pas une obligation. On peut vivre ensemble, c’est tout.
FLEUR : Alors vous n’allez pas vous marier…
ÉLISA : Je n’ai pas dit ça non plus.
FLEUR : J’ai du mal à te suivre …
ÉLISA : Eh bien, ni lui ni moi n’en avons parlé. Tout est allé si vite ces derniers mois tu sais. Enfin ces dernières lunes si tu préfères…
FLEUR : Les choses ont l’air si différentes sur Terre…
ÉLISA : Oui, nous devons trouver tous deux un équilibre David et moi. En fonction de ce que nous sommes devenus : lui un peu plus humain et moi un peu plus Dalygarienne.
FLEUR : A vous voir tous les deux ici, vous avez l’air de vous en sortir plutôt bien.
ÉLISA : On s’épaule au besoin.
FLEUR : Vous rayonnez.
ÉLISA : Oh arrête, et dis moi plutôt où est passé ma fille de coeur…
FLEUR : Ta chambre est sa chambre maintenant. Elle dort là-haut.
ÉLISA : Je peux la voir ?
FLEUR : Bien sûr quelle question.
Et les deux amies montent les escaliers en silence. Élisa regarde le bébé Dalygarien qui deviendra cette grande jeune fille qu’elle a rencontrée dans le passé. Elle lui dépose un baiser sur le front. “Elle te ressemble tant” murmure-t-elle. Fleur Parfumée de la plaine d’Isadora sourit. “C’est ce que tout le monde dit”, répond-elle à voix basse. “Redescendons”.
Revenues au rez de chaussée, les deux femmes reprennent leur conversation. Chacune leur tour, elle se raconte leur vie et leur envie pour l’avenir. Élisa s’enquiert de savoir en combien de lunes un enfant Dalygarien commence à marcher, puis parler. Elle voudrait être là pour les premiers pas de sa filleule. Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora est ravie. Elle aussi souhaite qu’Élisa et la Commandant soient là pour les premiers pas de Cristal de Lune.
La conversation se poursuit encore un moment, puis Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora annonce : “Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers ne va pas tarder maintenant.”

Un demi-centième plus tard, on frappe à la porte.
Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora s’en va ouvrir. C’est le Commandant et son père. Le communicateur de Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora se met à sonner juste à ce moment là. Élisa active la communication. Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers apparaît à l’écran.
– Bonjour Élisa. J’appelle pour prévenir Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora que nous avons un invité de plus.
– Je pense qu’elle est au courant maintenant. Ils viennent d’arriver.
– Ah, j’ai été retardé par mon responsable qui voulait savoir si le nouveau corps de voyage donnait satisfaction. Je lui ai dit que je te poserai la question ce soir Élisa. Bon je me dépêche. Je ferme le centre et j’arrive.
Pendant que la communication se déroulait, Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora a fait entrer le Commandant et son père dans la maison.
– Madame, je vous remercie beaucoup de nous recevoir, dit le Commandant Suprême à l’attention de Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora.
Celle-ci incline la tête et répond timidement :
– Mais c’est un honneur, Commandant Suprême.
– Vous êtes bien indulgente avec un vieil homme qui s’impose ainsi chez vous.
– Père voulait nous inviter à dîner lui aussi. Alors Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers a pensé que ce serait bien que nous soyons tous ensemble.
– Mon enfant je suis ravi de vous revoir, dit le Commandant Suprême à Élisa, en se dirigeant vers Élisa pour la serrer dans ses bras.
– En attendant Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, nous pouvons peut-être prendre des rafraîchissements ? propose Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora.
L’ensemble des convives acquiesce.
Lorsqu’Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers arrive, tout le monde bavarde joyeusement un verre à la main. Ce dernier est chaleureusement accueilli par chacun et sa femme lui offre immédiatement un verre de sa boisson préférée. Les conversations joyeuses repartent de plus bel.
– Ce soir, ce sont mes parents qui régalent, annonce fièrement Étoile scintillant dans l’Immensité de l’Univers. Ils sont venus nous apporter mon plat préféré. Il y en a toujours beaucoup trop. Je vais aller en réchauffer suffisamment pour nous tous. Je reviens tout de suite…

Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers est sorti de la pièce depuis très peu de temps qu’Élisa, le Commandant et le Commandant Suprême se figent.
Alors que Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora demande ce qu’il se passe, Élisa se lève sans un mot et se dirige vers la porte d’entrée. Le Commandant se lève à sa suite, interrogeant son père du regard. Celui-ci acquiesce. Il va rester avec les civils.
“ Que se passe-t-il ” répète Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora, une pointe d’angoisse dans la voix.
“ Ne vous inquiétez pas mon enfant. On va bientôt le savoir, mais en attendant, vous restez ici avec moi”, lui répond le Commandant Suprême d’une voix ferme et néanmoins apaisante.
Au dehors, une surprise attend Élisa et le Commandant.
MIRA : Je suis désolée pour le scan furtif. Je devais vous faire sortir de la maison pour pouvoir vous parler. Nous ne pouvions décemment pas débarquer dans le salon. Je ne peux pas avancer plus. Je suis à l’extrémité de notre bulle de sécurité…
ÉLISA: Mira que se passe-t-il ?
Mira se retourne et fait un geste en direction d’un bosquet. Deux silhouettes se détachent et s’approchent d’un pas hésitant. C’est Élisa qui les reconnait en premier.
ÉLISA : Paul, Sylvestre, mais que faites vous là ?
MIRA : Nous les avons évacués d’urgence à leur demande. Nous sommes partis avec tout leur matériel, et leurs objets personnels. Ils ne devaient laisser aucune trace. Et on a aussi vos corps. On ne pouvait pas les abandonner sur place. Je crains que vous ne retourniez pas sur Terre ce soir…

Annie

2 commentaires

  1. Bonjour Annie
    Je viens de noter une petite faute de frappe, tu as écrit dirgieant au lieu de dirigeant ( « Mon enfant je suis ravi de vous revoir, dit le Commandant Suprême à Élisa, en se dirgieant vers Élisa pour la serrer dans ses bras »). C’est mon petit cadeau d’anniversaire…

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