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Chapitre 13 — Opérations

Paul et Sylvestre furent opérés le même jour, au même moment. Nelly avait mobilisé deux équipes pour qu’elles puissent travailler en parallèle. Les deux hommes ont ensuite « dormi » deux jours pour permettre au processus biologique d’aller à son terme. Ils avaient fermé les yeux en tant que presque-humains et les rouvriraient en tant que vrais humains.

– Eh, tu te sens comment ? demande Nelly à Paul, au moment où il ouvre les yeux.
– Amoureux, il répond.
– Il vaut mieux pour toi, le taquine-t-elle.
– Comment va Sylvestre ?
– Il dort toujours. Qu’est-ce que tu fais ?
– Je veux juste m’asseoir.
– Laisse-moi t’aider.
Elle vient s’asseoir sur son lit, très près de lui.
– Essayons encore une fois.
– Quoi ?
– À ton avis ?
– Peut-être ça…
Elle l’embrasse.
– Humm…, exactement ça, murmure-t-il. Essayons encore une fois. Ces sensations sont vraiment géniales.
Après plusieurs longs baisers, il demande :
– La porte là-bas, elle est fermée ?
– Non.
– Peut-elle être fermée de l’intérieur ?
– Oui.
– Et tu attends quoi au juste ?
– Tu es sûr ? Après deux jours à dormir, tu dois te sentir un peu faible, non ?
– Oh je peux t’assurer, que s’agissant de ma masculinité, il n’y a vraiment aucune faiblesse à craindre.
– Oh !
– Eh oui. Mais il faut que tu sois prête toi aussi.
– Paul, je suis si impatiente, et si effrayée aussi…
– Chhhh. On va prendre notre temps. S’il y a un problème, on s’en débrouillera. D’accord ? Qu’est-ce que tu crois ? J’ai autant la trouille que toi, lui avoue-t-il.
– Je t’aime.
– Je t’aime aussi.
Et de nouveau, ils s’embrassent.

Plus tard
Dans une autre pièce, Élisa et le Commandant regardent Sylvestre dormir.
– Ça fait combien de temps que cette porte est fermée ? demande Élisa, parlant de celle de la chambre de Paul.
– En temps Terrien ou Frigellyen ?
– Ça n’a pas vraiment d’importance. La réponse est longtemps. Il y a un panneau lumineux « Ne pas déranger » au-dessus de la porte. On a ça au-dessus de celle de notre chambre au château ?
Le Commandant sourit et répond :
– Non, je ne pense pas. Ces chambres sont destinées à être utilisées par des gens qui auront besoin d’intimité avec leurs visiteurs. Paul et Sylvestre sont les premiers à être opérés, mais Nelly m’a dit que cette unité servirait à d’autres presque-humains.
– Ça commence à m’inquiéter que Sylvestre ne soit toujours pas réveillé.
– Il est vraiment très pâle, ajoute le Commandant.
– Exactement.
– Salut tout le monde, dit joyeusement Nelly lorsqu’elle entre dans la chambre au bras de Paul.
– Oh, vous deux, vous êtes tout simplement radieux, remarque Élisa.
– Nous le sommes effectivement, admet Paul.
– Nelly, il dort toujours. C’est normal ? s’inquiète Élisa.
– C’est Sylvestre.
– Et ?
– Il souffre du syndrome du ralentissement…
– C’est quoi ça ?
– Paul, il est peut-être temps que tu leur expliques, répond Nelly. Dis-leur aussi ce que les humains auraient fait de lui.
Et donc Paul raconte. Le Commandant qui connaît déjà l’histoire n’en montre rien.
– Mais cette histoire de ralentissement, c’est au sujet de son esprit, objecte Élisa.
– Euh, oui, répond Nelly.
– C’est une transformation physique…
– Oh, je vois. Tu es du XXVe siècle, des fois, je l’oublie… Sa transformation est effectuée grâce à des nanites, de minuscules outils qui transportent et distribuent dans le corps tout ce qui est nécessaire à l’opération. Mais ces outils travaillent en tandem avec le cerveau. Rien ne se passe sans connexion avec le cerveau du malade. C’est pourquoi c’est plus lent avec Sylvestre.
– Je comprends mieux maintenant. Merci Nelly. Et tu lui as caché pendant tout ce temps Paul ? Le syndrome, je veux dire.
– Oui.
– Pourquoi ?
– Je ne voulais pas qu’il sache de quel monde cruel il venait. Il n’avait pas besoin de le savoir.
– Tu aurais du m’en parler, murmure Sylvestre d’une voix très faible, un larme coulant sur sa joue.
– Tu as tout entendu ?
– Oui Paul. Tu aurais dû m’en parler, répète Sylvestre, tout en essayant de s’asseoir dans son lit.
Paul s’approche pour l’aider.
– Sylvestre, lorsque nous nous sommes rencontrés, même si tu avais l’air d’un adulte, tu n’étais qu’un gamin de 5 ans. Je ne pouvais pas juste t’apprendre comme ça, ce qu’il se serait passé si j’avais fait mon évaluation à ton sujet en salle de vérité.
– Tu t’es enfui pour me sauver et tu ne m’as rien dit.
– C’est du passé tout ça.
– Tu es venu avec moi pour me protéger et tu ne m’as rien dit.
– Je…
– Tu m’aimais, et tu ne m’as rien dit.
– Sylvestre, arrête ça. Arrête ça tout de suite. J’ai juste vu un gamin formidable et je lui ai permis de grandir. Il n’y a rien de plus à dire.
– C’est faux.
– Écoute, on a déjà eu cette conversation. Je suis terriblement désolé d’avoir été si dur avec toi au début. Oui, tu comptais pour moi. Non, je n’ai pas su te le montrer. Mais c’est le passé maintenant, et si tu le veux bien, j’aimerais que tu regardes vers le futur. Ton futur. Tu es humain maintenant.
– Je ne me sens vraiment pas bien. J’ai mal au ventre et j’ai la tête qui tourne.
– Tu dois te reposer, Sylvestre.
– Nelly a raison, renchérit Élisa. Tu as une mine terrible.
– Je ne veux pas rester ici. On rentre à la maison ?
– Tout le monde dehors. Je vais t’examiner Sylvestre, dit Nelly fermement.
Cinq minutes plus tard, elle sort de la pièce. Les autres l’ont attendue dans le couloir.
– Je lui ai donné un sédatif. Il va dormir jusqu’à demain. Je pense que le processus n’était pas terminé en ce qui le concerne. Je vous promets que demain, il ira mieux.
– Peut-être pourrions-nous rentrer maintenant, suggère le Commandant.
– Qu’est-ce qu’on va dire à Lucia ? s’inquiète Élisa.
– La vérité. Sylvestre a besoin de plus de temps pour aller bien. Il sera sur pieds dès que le processus sera aussi terminé pour lui, répond le Commandant. Au revoir Nelly. On se revoit demain matin. Paul, vous rentrez avec nous ?
– Non, je reste ici. Je ne bougerai pas de cette chambre, dit-il en pointant la porte du menton, jusqu’à ce qu’il ouvre à nouveau les yeux.
Regardant Nelly avec intensité, il ajoute :
– Ce n’est pas négociable. Je vais prendre le canapé près de la fenêtre et attendre. À partir d’aujourd’hui, je serais toujours là quand il aura besoin de moi.
– Tu as toujours été là, dit doucement Nelly.
– Maintenant, je veux qu’il le sache.
– Il le saura. Je suis certaine qu’il le saura.
– A demain alors, répète le Commandant, puis il s’éloigne avec Élisa pour prendre leur transporteur.

Le matin suivant sur Frigellya
– Eh Paul, réveille toi !
Sylvestre secoue doucement l’épaule de Paul. Celui-ci se réveille en sursaut. Lorsqu’il voit Sylvestre, il se lève et le serre chaleureusement dans se bras.
– Dieu merci, tu vas bien.
Puis il fait un pas en arrière et le regarde.
– Tu l’as eu où ce pyjama ?
– Ils me l’ont donné lorsque je suis arrivé ici. Je ne porte pas de pyjama d’habitude.
– Et tu mets quoi alors pour dormir ?
– Rien.
– Je ne t’ai pas appris ça.
– Mais c’est quoi cette conversation Paul ? On est vraiment en train de parler de mettre ou non un pyjama la nuit ?
Les deux hommes se regardent, et finissent par éclater de rire.
– Désolé fils. Je suis un peu fatigué. Tu m’as fichu une de ces trouilles hier. Tu avais l’air vraiment pas bien du tout.
– Comment tu viens de m’appeler ?
– Quoi ?
– Comment tu viens de m’appeler à l’instant. Tu as dit « désolé… »
– Ah ça.
– Oui.
– Euh, Sylvestre, il ne faut pas faire attention. C’est l’émotion.
– Il y a pire dans la vie que d’être le fils de Grincheux, tu sais. On n’est plus frères alors ?
– C’est juste une histoire de perception Sylvestre. J’ai dit « fils » sans y penser.
– Un presque-humain avec un père. Je serai bien le seul dans ce cas.
– Tu es humain maintenant.
– Je ne sens aucune différence.
– Ça va venir.
– Paul, j’ai fait un rêve bizarre à propos d’une maladie dont je souffrirais : le syndrome du rapetissement.
– Le syndrome du ralentissement, Sylvestre. Et ce n’était pas un rêve. Je suis désolé.
– Tout était réel ?
– Oui.
– Tu m’as sauvé la vie ?
– Je…
– Oh oui, tu m’as sauvé la vie. Je me souviens bien de comment j’étais à l’époque. Je me serais laissé mourir de chagrin, si j’avais été enfermé dans un asile. En t’enfuyant avec moi, tu m’as donné une nouvelle chance, et tu m’as protégé d’un monde qui m’aurait rejeté. Merci beaucoup.
– Ce n’est rien.
– Ne redis plus jamais que ma vie n’est rien.
– Ce n’est pas ce que je voulais dire.
– Mais je le sais bien, vieux fou.
Et Sylvestre serre à son tour Paul dans ses bras.
Alors, papa, qu’est-ce que tu dirais si on rentrait maintenant ?
– Tu sais, ça me ferait bien plaisir d’être appelé papa si je n’avais cette impression que tu te moques un peu de moi.
– Tu te trompes. Je ne me moque pas. C’est affectueux.
– Vraiment ?
– Vraiment ! Mais peut-être préfères tu « vieux fou » ?
– Non, franchement non.
– Tu vois, jamais content.
– Ok, je me rends. On s’en va d’ici.
– Tu ne veux pas voir Nelly avant de partir ?
– Euh, j’ai envoyé Nelly à la maison ce matin de très bonne heure. Elle était si fatiguée.
– À la maison ? Chez nous ?
– Oui.
– Vous deux vous êtes…
– … vraiment amoureux. On a besoin… d’être ensemble.
– C’est génial. C’est une femme formidable.
– T’es un chic type Sylvestre. On y va ?
– Je dois me rhabiller d’abord. Je ne vais quand même pas rentrer dans cette tenue.
– Pourquoi pas. On rentre chez nous…
– Chez nous, c’est devenu un véritable lieu de rencontre…
– Tu as raison, répond Paul en souriant.
– Mes habits sont dans la salle de bain. Je suis prêt dans quelques minutes.
Lorsque Sylvestre revient, il demande :
– On ne dit au revoir à personne ?
– Tard hier soir, j’ai dit à la Reine que nous partirons dès que tu serais réveillé. C’est ce que tu avais demandé, le peu de temps que tu as ouvert les yeux. Elle a dit que nous aurons d’autres occasions de nous voir…
– Je n’en suis pas si sûr.
– Eh bien nous verrons, Sylvestre. Il y a quelqu’un qui t’attend avec impatience chez nous.
– Oh, tu exagères. Élisa m’aime bien, mais…
– Je ne parle pas d’Élisa, imbécile.
– Ah, tu parles de qui alors ?
– Sylvestre, tu es un cas désespéré…
– Quoi ? Pourquoi ?
– On y va, fils.
Et Paul saisit Sylvestre par le bras pour l’emmener jusqu’au transporteur.

À l’appartement de Paul et Sylvestre
Paul et Sylvestre sont à peine arrivés avec leur transporteur Frigelleyen dans le salon, que quelqu’un se met à crier le nom du dernier opéré. Sylvestre a juste le temps de se lever que Lucia se jette dans ses bras. Il l’accueille avec douceur, la serrant délicatement dans ses bras, et fini par trouver le regard de Paul qui semble lui dire quelque chose comme « tu vois, je t’avais prévenu ». Soudain, Sylvestre se sépare de Lucia, la poussant un peu brutalement en arrière, bafouillant un « désolé » embarrassé. Puis il se sauve du salon.
Lucia reste un instant sans voix, puis soudain fond en larmes.
– Qu’est-ce que je lui ai fait ? hoquète-t-elle.
– Mais quelle mouche l’a piqué ? ajoute Nelly qui a assisté à la scène.
– Je vais lui parler, propose Paul.
Alors qu’il frappe à la porte de Sylvestre, il reçoit un « fiche moi la paix » désespéré. Paul ne tient absolument pas compte de la requête et entre.
– La prochaine fois que tu veux être seul, ferme ta porte à clé.
– Tu sais très bien que je ne ferme jamais ma porte à clé.
– C’est vrai. Sylvestre, qu’est-ce qu’il se passe ?
– C’est très embarrassant.
– Parle-moi.
– C’est vraiment très embarrassant.
Paul ne répond pas et attend juste que Sylvestre se décide à parler.
– Mon… mon truc d’homme s’est réveillé.
– Ton « truc d’homme » ?
– Oui.
Sylvestre baisse la tête pour montrer de quoi il parle.
– Oh, tu as eu une érection ?
– Oui, merci pour ton tact. Pourquoi tu ris ? Ce n’est pas drôle ! Ça va être quoi ma vie maintenant, si quand je vois Lucia, j’ai une érection ?
– Ton « truc d’homme » comme tu dis, tu peux le contrôler. Bon, je n’ai personnellement pas eu à contrôler grand chose hier à mon réveil, parce que Nelly et moi on a…, on a…
– … eu un rapport sexuel ?
– … fait l’amour. Mais on s’est vu bien d’autres fois après et je peux te dire que le désir, c’est juste une question de timing. Tu peux le faire patienter.
– Comment ?
– Eh bien pense à autre chose, à quelque chose qui te coupera tout désir de…
– Peut-être que je devrais penser à toi ?
– Sympa.
– Désolé Paul, je suis injuste. Les choux de Bruxelles. Je déteste les choux de Bruxelles.
– Tu peux toujours essayer ça.
Paul se tait un moment, puis continue :
– Vraiment Sylvestre, tu n’avais pas remarqué que Lucia avait le béguin pour toi ? Elle était toujours avec toi. Elle faisait tout avec toi.
Sylvestre hausse les épaules.
– J’aimais bien être avec elle. Je trouvais ça naturel.
– Sylvestre, quand des jeunes gens passent autant de temps ensemble que vous deux, la plupart du temps c’est qu’il y a quelque chose derrière et ce quelque chose c’est l’amour.
– Tu croix que Lucia est amoureuse de moi ?
– Ça crève les yeux. Et toi, t’en penses quoi ?
– Je ne sais pas. J’étais un presque-humain il y a deux jours.
– Trois. Tu as eu droit à un jour supplémentaire, à cause de ton syndrome.
– Bien, alors j’étais encore presque-humain, il y a trois jours et j’ai passé les 25 ans précédents avec Grincheux, lui-même.
Paul ne répond pas et laisse Sylvestre continuer :
– Je n’avais pas ces sensations avant. Je ne savais rien des sentiments comme « l’amour ».
– Maintenant, tu les as. Et ton truc d’homme, il te dit quelque chose. Tu n’as rien ressenti d’autre ?
– J’ai eu comme des frissons, et des sensations bizarres au niveau du ventre. Et puis maintenant, je n’arrête plus de penser à elle…
– Eh bien voilà, tu es amoureux. C’est pas seulement du désir. Elle t’a eu !
– Mais je ne suis pas prêt pour une histoire d’amour.
– Tu n’as pas besoin d’être prêt gros bêta. L’amour, c’est lui qui t’a attrapé. Accepte-le. Vis-le.
– Paul, j’aimerai être seul un instant. S’il te plait.
– D’accord. Je vais aller dire aux autres que tu as un effet postopératoire, que tu étais au bord de vomir et que tu reviendras quand tu iras mieux. Ça te va ?
– Oui, merci.
– À ton service. On se revoit bientôt.
Quand Paul est de retour au salon, il n’y a que Nelly.
– Où sont les autres ?
– Élisa et David sont partis voir les amis d’Élisa. Ils ont pris Lucia avec eux, pour lui changer les idées, par rapport à ce qu’il s’est passé avec Sylvestre. Elle est complètement perdue et si triste. Qu’est-ce qui lui arrive alors à ce garçon ?
– Il a honte.
– Honte ?
– Oui.
– Pourquoi ?
Paul le chuchote à l’oreille de Nelly.
– Oh, je comprends. Comment va-t-il maintenant ?
– Il a peur.
– De l’amour ?
– Oui.
– Tu penses que je devrais lui parler ?
– Il veut être seul pendant un moment. Il a besoin de penser sans doute à tout ça.
– D’accord. Dans ce cas Monsieur Martin, nous voilà seuls.
– Pas tout à fait.
– Sylvestre ! s’exclame Nelly.
– J’ai besoin de lui parler. Où est-elle ? Où est Lucia ?
– Dans un café avec Élisa et David, et les amis d’Élisa. Ils vont parler du mariage…
– Quel café ? Le Chat Blanc ? Le Clair de Lune, le Vieux…
– Oui, oui, maintenant que tu viens de le nommer, je me souviens : Le Clair de Lune.
– Salut ! Maintenant, vous êtes tous seuls.
Et Sylvestre sort en coup de vent.

Annie

2 commentaires

  1. Bonjour Annie
    Petite remarque tu as écris : »Mai peut-être préfères tu « vieux fou » »
    Mais sinon, je vois que c’est dur pour Sylvestre de devenir un humains, mais je sens que Lucia va l’aider.

    • Bonjour Cyrille, mon plus fidèle lecteur 🙂
      J’ai corrigé la coquille. Merci.
      C’est clair que ça va pas être simple pour Sylvestre. On en saura plus dans le prochain chapitre. Mais je ne suis pas sûre qu’il soit prêt pour la semaine prochaine (le chapitre, pas Sylvestre). Il est en réécriture, suite à quelques remarque de mon correcteur Canadien. Et du coup, la suite aussi prend du retard. On verra comment je m’en sors 😉

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