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Chapitre 12 – Le retour

Élisa se réveille au moment où un Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers radieux entre dans la salle.
– Élisa, vous vous étiez endormie. Pardonnez mon retard. Le bébé. Le bébé est né.
Élisa sourit. Et aussitôt panique. Puis cherche à se raisonner. “Le signal de rappel est une perturbation électrique, pas un son, je peux sans doute la percevoir pendant mon sommeil.” Et elle n’a rien senti.– Vous voulez voir le bébé ? Venez. Fleurs Parfumée de la Plaine d’Isadora est impatiente de vous le montrer. La maternité est juste dans le bâtiment à coté.
– J’ai besoin de savoir combien de temps il me reste…
– Je sens bien que cela vous tracasse. Je vais aller prendre mon convertisseur de temps dans la pièce d’à coté.  Nous en avons eu besoin pour synchroniser votre retour et celui de la personne qui avait pris votre place.
Il revient rapidement.
– Voilà, en haut la date et l’heure Dalygarienne et en bas, celles de la Terre.
– Deux heures, il me reste deux heures.
– C’est bien assez pour voir le bébé.

C’est un Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers joyeux comme elle ne l’avait jamais vu qui prend Élisa par le bras pour la conduire jusqu’à la maternité.
Les voilà devant une porte.
– Elles sont ici, dit-il en pointant la porte de l’index.
– Elles ?
Élisa commence à comprendre ce qu’ont du endurer les Martins depuis deux mois. Agir comme si on ne savait pas quand on sait, ce n’est pas si simple. Encore moins chez les empathiques que sont les Dalygariens.
– Vous n’avez pas l’air si étonnée…
– Vous connaissez mes capacités, celle que j’ai grâce a l’alchimie de mes deux corps. Je l’avais senti, ment-elle superbement.
– Entrez.
Il ouvre la porte et la pousse littéralement à l’intérieur.
– Élisa, je n’en reviens  pas que vous soyez de retour. Je n’ai pas tout compris de ce que m’a expliqué cet homme qui dit être mon mari et qui m’a fait tant de cachotteries, mais vous nous avez sauvé. Ça je l’ai bien compris. Grâce à vous, la petite Cristal de Lune que voilà pourra grandir dans un monde qui n’est plus ravagé par la maladie.
Élisa s’en veut de devoir jouer l’étonnement.
– Cristal de Lune ?
– C’est en hommage au Commandant. C’est un héro maintenant. Il a donné sa vie pour prévenir la personne qui a sauvé Dalygaran. Ce nom ne sera désormais plus l’objet d’aucune moquerie.
– Mais c’est une fille ?
– Oui, je sais, répond interloquée Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora.
– Oh je vois, encore une de ces différences entre nos deux planètes. La plupart des noms chez nous ont un genre. Élisa c’est pour une fille par exemple. Aucun garçon ne pourrait s’appeler Élisa.
– Ah. Il n’y a rien de tel ici.
– Je comprends. Elle est trognon.
– Pardon ?
– Et c’est le moment que choisi le traducteur pour nous jouer des tours. Je voulais dire très mignonne.
– Elle ressemble à sa mère dit Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers.
Élisa sourit.
– Je trouve aussi.
– Qu’est-ce que c’est ? demande Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora, en désignant le bracelet autour du poignet d’Élisa.
– C’est un révélateur. Si j’appuie sur le bouton rond, je prends mon apparence Terrienne. Le bouton triangulaire me permet de revenir à ma forme initiale.
– Et le carré ?
– C’est un bouton d’appel. Il contacte ceux qui m’ont donné ce bracelet. Je vous raconterai tout une autre fois Fleur Parfumée de La Plaine d’Isadora.
– Promis ?
– Promis.
– Je voudrais vous voir…
– Comment ?
– Votre forme humaine. Vous nous aviez laissé un portrait. J’aimerai vous voir. Vraiment. Appuyez sur le bouton rond. S’il vous plait.
Élisa regarde Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers qui acquiesce. Elle appuie sur le bouton rond.
Devant le silence de ses anciens hôtes, elle appuie sur le bouton triangulaire.
– Votre pâleur m’étonnera toujours, parvient à dire Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora. Puis elle poursuit  :
– Je sors demain, à temps pour les funérailles du Commandant. Vous restez ?
– Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora, je ne peux pas. Je ne vais pas tarder à devoir partir. Mais je pourrais peut-être revenir. Demain…
– Élisa, ce serait plus simple si nous pouvions savoir quand vous arrivez. Il faudrait que vous disposiez d’un communicateur.
– Tu m’en a donné un pour te prévenir de l’imminence de l’accouchement. Je l’ai rangé dans ce tiroir dit la jeune maman.
– Ça marcherait à partir de la Terre ?
– Nous n’avons pas plusieurs sortes de communicateur. Ce sont les mêmes qui servent dans les voyages spatiaux et sur la Planète même. Donc oui, vous pourrez nous appeler de la Terre. Vous vous souvenez comment ça marche ?
– Oui. Ça ne fait pas si longtemps. Je fais un petit aller-retour pour déposer ce machin sur Terre et je reviens.
Élisa embrasse Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora sur la joue et lance à son mari ;
– Rendez-vous en salle de désembarquement.
– J’arr…
Elle se dématérialise.
– … rive. Cette fille ne changera jamais. Toujours aussi pressée ! grommèle Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers.
Fleur Parfumée de la Plaine d’Isadora se met à rire franchement.
– Dépêche toi de la rejoindre maintenant. Si ça se trouve, elle t’attend déjà en salle de désembarquement…

Pendant la conversation entre les deux époux, Élisa se rend chez les Martins, dans la pièce où elle dessine habituellement et range le communicateur dans un tiroir au milieu de ses crayons gras. Puis elle disparaît aussitôt pour réapparaître en salle de désembarquement sur Dalygaran.
Il faut encore quelques instants à Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers pour arriver… essouflé.
– Vous êtes…
– … impossible. Je sais. Vous avez ma capsule d’extraction ?
– Oui, la voilà dit-il en sortant une petite boite de son pliage savant de tissus qui lui sert de vêtement.
Il ouvre la boite et donne la capsule à Élisa qui l’avale aussitôt sans même un verre d’eau et s’allonge.
– Je reviens bientôt.
Élisa ferme les yeux et son esprit se libère rapidement.

Sur Terre elle ouvre les yeux. Sylvestre est assoupi dans le fauteuil face à elle. Elle s’assoit, lui passe la main doucement sur la joue pour le réveiller.
– Sylvestre, je suis de retour, murmure-t-elle.
Sylvestre ouvre les yeux et sourit à Élisa.
– Vous nous avez causé du souci.
– On se tutoie maintenant.
– Enfin c’en est fini de ces aller-retours, notre passé, ton futur. C’était épuisant.
– Où est Paul ?
– Il est dans la pièce d’à coté.
Paul alerté par le bruit des voix sort de ladite pièce pour serrer Élisa dans ses bras.
– C’est une grande responsabilité “grands frères” lui dit-il. Heureux de te revoir en pleine santé. Tu as réussi ta mission pour Dalygaran ?
– Oui. J’ai des tas de choses à vous raconter.
– Nous en sommes certains, lui répond-il. Mais je pense que tu aimerais voir d’abord notre invité.
– On a un invité ?
– Oui, nous aimerions te le présenter. Viens. Il attend dans la pièce à coté.
Paul ouvre la porte et un homme d’une trentaine d’année se lève promptement du fauteuil dans lequel il attendait.
– Élisa ! dit-il avec une pointe d’émotion dans la voix. Il hésite cependant à s’avancer vers elle.
Élisa le regarde intensément et n’en croit pas ses yeux. A force d’avoir été dans ce corps Dalygarien de manière prolongée, elle en a gardé quelques aptitudes et développé d’autres apparemment. Et malgré un changement radical d’apparence, elle sait parfaitement qui est en face d’elle. C’est bien lui. C’est le Commandant !

Annie

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