Après mon expérience d’écriture collective d’un polar audio avec 8000 Mondes, j’ai été tentée de revenir à quelque chose de plus personnel.
Restait une question simple qui me perturbait : devais-je écrire une nouvelle histoire, ou reprendre la première, celle qui m’avait occupée pendant trois ans ?
Je l’avais écrite au fil de l’eau. Je la savais imparfaite. Très imparfaite, même : une histoire de débutant, avec ses facilités, ses angles morts et ses raccourcis.
Mais avais-je suffisamment progressé pour en faire quelque chose de plus abouti ?
Hors de question, en tout cas, de repartir la fleur au fusil, comme la première fois. Si j’y allais, c’était pour un travail de réécriture qui visait ni plus ni moins le Graal de tout écrivain : la publication.
J’avais donc besoin d’avancer et de progresser. Vraiment !
Je me suis donc mise en quête d’un coach. Pas quelqu’un pour m’apprendre à écrire à sa manière. Mais quelqu’un pour m’aider à écrire mieux à la mienne.
Quelqu’un qui pousse, qui questionne, qui gratte là où ça coince, sans trahir la fibre d’origine.
C’est comme ça que j’ai rencontré Marie-Danièle Merca.
Le courant est passé immédiatement. Et on s’est attaquées à la réécriture du Cycle d’Élisa.
J’ai commencé par présenter mon univers, mon intrigue. Et très vite, il y avait déjà à redire.
Beaucoup, même.
Premier chantier : l’antagoniste. Et là, ça coinçait.
Parce que moi, j’ai un défaut assez tenace : j’aime que les choses avancent vite… quitte à résoudre les gros problèmes et petits tracas de mes personnages un peu trop rapidement.
Il a fallu apprendre à laisser vivre la tension, à ne pas tout régler immédiatement.
Étonnamment, ce n’est pas là que ça a été le plus difficile.
Non. Le vrai mur, je ne l’avais pas vu venir, c’était : habiller le récit.
Donner corps aux scènes. Décrire les lieux, les ambiances. Faire exister les personnages, autrement que par leurs dialogues.
J’ai dû franchement me faire violence, et au début, j’étais plutôt sceptique. Et finalement, j’ai fait confiance.
Mais, soyons honnête, ça a été une galère monumentale.
Il a fallu tâtonner, repenser, développer, ajouter, remodeler. Et surtout : comprendre.
Oui, comprendre le chemin qu’il restait à parcourir et accepter de le prendre, en se disant : « Ce sera mieux après ». Parce que le résultat est là : ça a toujours été gagnant.
Il m’est arrivé de me présenter avec un chapitre que je pensais avoir travaillé de A à Z, et après le coaching, le restructurer de fond en comble, à cause ou plutôt grâce aux questions de Marie-Danièle. Le pas de côté nécessaire à l’évolution d’un texte est plus facile à faire quand il est porté par une tierce personne.
Sur le moment, ça secoue. Mais ça vaut le coup.
Aujourd’hui, j’ai tellement l’habitude de revoir les choses en profondeur, que quand un chapitre ne reçoit pas de remarque de poids, je suis presque déçue et franchement incrédule : « Comment ça il n’y a rien à faire ? Tu en es sûre ? ». Limite si je ne lui demande pas si elle l’a vraiment lu. La mauvaise foi des auteurs quand même !
Avec le recul, je ne regrette absolument pas mon investissement. Cet accompagnement m’a fait progresser à pas de géant.
Mon écriture a évolué. J’ai évolué. Et clairement, dans le bon sens.
