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Chapitre 8 – Deuxième voyage

Au débriefing du deuxième voyage

Élisa :  Il y a quelque chose qui ne va pas ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?
Martin1 : Pardon ?
Élisa : Vos têtes à tous les deux.
Martin1 : Oh désolé. N’y faites pas attention, nous…
Martin2 : … avons eu un coup de fil un peu bizarre pendant votre voyage, c’est tout. Rien qui ne vous concerne.
Élisa : Ah ! Et si on commençait mon débriefing ?
Martin1 : Nous sommes impatients.
Élisa : Eh bien quand le gaz est arrivé, enfin je suppose quand il est arrivé, je me suis retrouvée dans un monde sous une lumière bleue. Comme si le jour n’arrivait pas à se lever. Je crois que c’était la planète qu’on appelle “Minuit”, justement à cause de ça. Parce que j’ai reconnu les êtres à yeux rouges phosphorescents.
Martin1 : Vous êtes ret… allée sur Minuit.
Élisa : Ah ça oui, j’en suis sûre. Et croyez-moi, c’était fabuleux. C’est paisible Minuit en surface, mais je me suis souvenue des récits de cités souterraines. Alors j’ai essayé d’en trouver une, en suivant des gens. Et les premiers que j’ai suivi m’ont conduit plutôt dans ce que je pense être des boutiques. Intéressant aussi leurs boutiques. Mais clairement, je ne me suis pas assez documentée sur Minuit avant de partir pour comprendre le type de marchandises que j’ai  pu voir. J’imagine que c’était de la nourriture, mais en fait, j’en sais rien. Minuit, c’est même pas dans les 10 premiers mondes. Alors comment j’aurai pu être préparée à ça. A mon premier voyage je ne suis allée qu’à Proxiterra…
Martin2 : Minuit est effectivement parmi les planètes les plus éloignées visitées par les humains.
Martin1: Mais nous ne sommes pas étonné que vous y soyez allé.
Martin2: Enfin si quand même. Qu’est-ce que tu racontes Sylvestre ?
Élisa : Sylvestre ?
Martin1 : C’est moi.
Élisa : Et vous donc c’est…
Martin2 : Paul.
Élisa : Sylvestre Martin et Paul Martin.
P. Martin : Et si nous revenions à nos moutons. Vous étiez sur Minuit.
Élisa : j’ai fini par trouver quelqu’un qui m’a conduit dans la cité souterraine…

– hurlements (d’Élisa )-

Élisa : Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
P. Martin : Pardon ?
Élisa : Quoi ?
S. Martin : Quoi ?
Élisa : Vous êtes carrément bizarres tous les deux aujourd’hui, hein. Je vous disais donc que quelqu’un m’a conduit la cité souterraine…
S. Martin : Mais vous avez c…
P. Martin : … tout à fait raison. Veuillez nous excuser.
S. Martin : Euh oui désolé.
Élisa : Je peux continuer là ?
P. Martin : Mais je vous en prie.
Élisa : Alors je suis arrivée dans une de leur cité souterraine. Jamais je ne pourrais oublier ça. C’est immense, et tellement beau. Toutes ces sculptures, toutes ces habitations intégrées dans la roche. Le son paisible qu’on peut y entendre. Des bruits d’eau qui coulent, des chants d’oiseaux, enfin de ce qui ressemble beaucoup à nos oiseaux. Je ne sais pas combien de temps j’ai pu passer là-bas, mais franchement, je ne m’en lassais pas. Et cette lumière bleutée. Il fait plus clair en dessous qu’au dessus, vous savez. C’est étonnant. Je suis allée jusqu’à une grande cascade. En contre bas j’ai vu des habitants faire une sorte de rafting sur des embarcations à ras de l’eau. J’ai ressenti leur joie. J’aurai tellement aimé être avec eux. C’est frustrant la position de spectateur invisible. Ok, on peut avoir tous les angles possibles. On est pas limité par ses capacités physiques. On peut rester sous l’eau, flotter au dessus de tout le monde. Un truc que j’aime pas, c’est quand quelqu’un vous passe à travers. Même si ce n’est qu’une sensation, puisque c’est juste l’esprit qui est là-haut, j’aime vraiment pas ça. Et puis après, il s’est passé un truc bizarre. J’ai fait le tour de la planète à toute vitesse. En fait, je suis allée successivement sans presque m’arrêter dans des tas d’endroits différents de ce monde. Un peu comme si j’assistais à un diaporama. A la cascade, je m’étais dit que j’aimerai voir chaque lieu remarquable de Minuit et je me suis retrouvée dans cette boucle infernale.
P. Martin : Vous avez vu défiler la planète ?
Élisa : En quelque sorte oui. Et ce qui est formidable, c’est qu’ayant eu un aperçu de ce qui pouvait se voir dans ce monde, j’ai pu choisir. Il me suffisait de me concentrer sur une des images flash qui me restait en mémoire et j’y étais.
S. Martin : Vous êtes une voyageuse très douée.
Élisa : Vous trouvez. Pourquoi j’ai jamais rien lu à propos de ce type de visions chez les Fouines ?
S. Martin : Fouine ? Quel vilain mot !
Élisa : Moi je le trouve amusant.
S. Martin : Eh bien moi…
P. Martin : Alors comme ça vous avez pu aller partout où vous avez souhaité aller.
Élisa : Oui msieur ! Va falloir que j’écrive tout ça dans mon blog.
S. Martin : Vous avez un… blog ?
Élisa : Ben oui, toutes les Fouines en ont.
S. Martin : Pourriez vous plutôt parler de voyageur à la place de F…
P. Martin : Laisse donc Mademoiselle Martin raconter les choses comme elle l’entend. Donc un blog ?
Élisa : Oui. Et je vais en avoir à raconter. J’ai vu des endroits qu’aucune F… qu’aucun voyageur n’a encore décrit. Je vais devoir donner un nom à tous ces lieux. Et pis il va falloir que j’essaie de dessiner tout ça. Je ne suis pas mauvaise en dessin vous savez ?
P. Martin : Élisa Martin vous êtes pleine de surprises.
Élisa : Oh moi ce sont ces voyages qui me surprennent. C’était vraiment un rêve pour moi. Et là, ça dépasse tout ce que j’ai pu imaginer. Je suis vraiment pressée de venir pour mon prochain voyage. Et je n’avais pas envie de revenir au moment du premier rappel.
S. Martin : Vous étiez sur Minuit…
Élisa : Non, je n’y étais plus. Je n’ai pas la notion du temps là haut. Mais quand j’étais encore sur Minuit, je me suis dit que je pouvais tenter un autre monde. Qu’est-ce que je risquais : de rester sur place si je n’y arrivais pas ? Alors je suis dit “allons-y, au suivant”. Et là, je me suis retrouvée sous un véritable déluge. J’ai du me réfugier dans une maison pour voir quelqu’un, car dehors, il n’y avait personne. J’ai vu une famille en train de regarder… euh… la télé. En relief. Très chouette. Mais bon, je ne comprenais pas grand chose. Les habitants, c’était des sortes d’humains bleus, avec de grand yeux oranges.
S. Martin : Des Tridoliens.
Élisa : J’ai été sur Tridola moi ? Je suis flattée, très peu de personnes y sont parvenues si je ne m’abuse. Mais les regarder regarder la télé, ça avait un intérêt limité. Et j’ai entendu le premier rappel. Alors je me suis dit : pourquoi pas refaire un tour sur Proxiterra avant de rentrer.
S. Martin : Et elle est retourné sur Proxiterra !
Élisa : Eh je suis là. Ne parlez pas de moi à la troisième personne du singulier s’il vous plait et franchement vous avez quoi aujourd’hui. C’est quoi ces yeux au ciel ?
P. Martin : Longue journée, désolée. Donc Proxiterra.
Élisa : Oui, parfaitement. Et je suis allée directement à la cité sous-marine. Je crois que j’ai vu le couple impérial. Ils étaient en train de terminer un coin de fresque. Magnifique.
P. Martin : Vous n’avez pas attendu le deuxième rappel.
Élisa : Non j’ai voulu revenir avec cette image dans la tête. Dès que je suis à la maison, je me mets à mes crayons. L’image est encore très précise. Je vais faire un tabac quand je mettrais ça en ligne.
P. Martin : Bien, autre chose à rajouter avant d’aller à la cabine d’analyse.
Élisa : Ah oui j’avais oublié ça. Non allons-y maintenant, je vous suis. Martin et Martin.

S. Martin : Bon elle est allongée sur la banquette. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Est-ce c’est nécessaire de traficoter sa mémoire ?
P. Martin : Elle a un blog ! On ne peut pas lui laisser publier ce qu’elle a fait sur Minuit. Personne ne scanne une planète de cette manière ici.
S. Martin : On est allé de surprise en surprise aujourd’hui.
P. Martin : Ça tu peux le dire. Au fait, on a les résultats pour l’origine de ses gènes aliens ?
S. Martin : j’ai reçu une réponse aujourd’hui comme quoi les calculateurs n’avaient pas réussis à reconstituer les transformations que cet ADN avait pu subir dans le temps. Donc non, on ne sait toujours pas. Les molécules de voyage produites par ces gènes peuvent provenir d’une dizaine d’espèces…
P. Martin : Cette fille est vraiment un mystère.
S. Martin : Clair. Mais va falloir qu’on sache et vite. On ne pourra pas continuer longtemps comme ça. On risque de causer des pertes de mémoire sans rapport avec les voyages spatiaux. Ne serait-il pas plus simple de parler avec elle ?
P. Martin : Et tout lui dire ? Tu es inconscient ou quoi ? On ne peut pas. Pense à son avenir.
S. Martin : On garde Proxiterra.
P. Martin : Proxiterra. Quand ce sera terminé, retournons au labo pour récupérer les données de la journée.
S. Martin : Ne trainons pas, nous sommes attendus ce soir.

Annie

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