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Chapitre 10 – Un entrainement particulier

Mira et Reymo sont de retour dans l’abri. Élisa et le Commandant leur racontent tout ce qu’ils ont vu sur Dalygaran.
Élisa : Je peux vous dessiner ceux que j’ai vus, tout particulièrement la femme que j’ai… euh neutralisée.
Mira appuie avec un index quelque part sur le bord de la table. Un tiroir s’ouvre et elle sort un petit objet longiligne qu’elle présente comme un crayon électronique. Reymo active l’écran avec ses trois doigts comme la fois d’avant.Mira: Vous pouvez aller dessiner sur l’écran. Quand vous avez terminé un dessin tapotez deux fois sur l’écran pour y inclure une note vocale. Terminez-là en tapotant une nouvelle fois et une seule. L’ensemble sera enregistré dans notre base. Et vous pourrez passer au dessin suivant s’il y en a plusieurs.
Élisa : Ok.
Et elle commence à dessiner. Dans le corps Dalygarien, elle est bien pus rapide que sur Terre. Elle dessine à toute vitesse, discute avec le Commandant pour convenir de la note à associer et fait ainsi pour chacun des 3 personnages rencontrés.
Mira et Reymo sont admiratifs.
Reymo : Si tous les témoins pouvaient être comme vous…
Le Commandant : C’est vraiment très fidèle à ce que nous avons vu. Tu as remarqué tous ces détails ?
Élisa : C’est quelque chose que je sais faire depuis que j’ai occupé mon premier corps de voyage… Je sais fouiller ma mémoire et je trouve des images très précises, comme si j’y étais encore…
Mira : Nous allons procéder à des recherches et nous vous tiendrons au courant bien entendu.

Le Commandant : Et par rapport à ma demande pour Élisa ?
Reymo : L’entraînement psychique ?
Le Commandant : Oui.
Élisa : C’est quoi cette histoire ?
Le Commandant : Le verrou Dalygarien, tu dois savoir l’utiliser. Tu dois pouvoir empêcher qu’on scanne ton esprit. C’est important en mission. Et tu dois aussi apprendre à ne pas te laisser scanner à ton insu. Les Frigellyens disposent de brouilleurs qui permettent à un scanner de récolter des données psychiques sans que le sujet ait conscience d’être scanné. Avec un bon entraînement, tu peux finir par le sentir, et t’en protéger. Les Frigellyens ne sont pas les seuls à opérer des scans furtifs dans tout l’Univers. Savoir en détecter un te permettra d’être aussi efficace sur les autres. Ils sont tous construits sur le même schéma.
Élisa : Reymo, Mira, est-ce une certaine culpabilité que je viens de ressentir à l’instant ?
Les deux époux se regardent, mais ne disent rien.
Élisa : Bon sang, vous m’avez scannée, c’est ça ? Sans que je le sache.
Mira : A notre première rencontre au Jurassique. On avait besoin de savoir à qui on avait à faire.
Élisa : Et je vous ai fait confiance. Totalement. Je n’avais détecté aucune mauvaise intention de votre part… et je me suis basée là-dessus.
Mira : Nous n’avions aucune mauvaise intention. Mais la vitesse à laquelle vous avez accepté de nous aider nous a surpris, c’est vrai.
Élisa : Pouvoir analyser les intentions des gens, les ressentir, est un certain avantage pour savoir à qui on peut accorder sa confiance ou pas. J’ai sans doute surestimé la fiabilité de l’information que ça me donnait. J’ai été d’une naïveté confondante…
Le Commandant : Élisa tu as été plongée brutalement dans un univers dont tu ne connais pas toutes les règles. Tu t’es appuyée sur tes capacités pour faire des choix. Ces gens sont tes amis aujourd’hui. Même si le scan furtif t’a échappé, l’analyse était bonne, les intentions n’étaient pas mauvaises…
Mira : On voulait juste savoir si nous pouvions compter sur vous.
Élisa : Vous êtes rentrés dans mon esprit et vous avez récolté une partie de ma mémoire.
Le Commandant : Tout Dalygaran a eu accès à une partie de ta mémoire – pour l’acquisition de ton langage. Tu sais comment ça marche. Ce n’est pas à proprement parler une lecture de ton intimité. C’est une base de données sur laquelle on peut s’appuyer pour procéder à une recherche.
Mira : Et nous avons recherché vos motivations. Uniquement. Je vous assure.
Élisa : Tu as déjà procédé à des scans furtifs ?
Le Commandant : Oui. Ce n’est pas une technologie que nous utilisons sur Dalygran, mais j’ai travaillé avec d’autres mondes où c’était courant comme technique de renseignement. Élisa, tu te souviens de ce que je t’ai dit lorsque ma capacité de suggestion est apparue ? Qu’un don de ce type ne pouvait être utilisé à la légère, que je devais apprendre à le maîtriser ?
Élisa : Oui, mais quel rapport ?
Le Commandant : C’est pareil avec les technologies tels les scans furtifs. Ce genre de technologies demandent à être utilisées à bon escient. Les gens à qui on confie ce genre de techniques ont en général des habilitions de haut niveaux…
Mira : Sur Frigellya, même si on dispose d’une habilitation, l’activation d’un scan furtif doit être justifiée. Et le scan lui-même doit être déposé à la Haute Court, avec une notice expliquant son objectif et éventuellement tout ce qu’il vous a permis de faire…
Élisa : Et alors, ce scan vous l’avez justifié comment ?
Mira : Nous ne sommes pas des empathiques. Nous n’avions aucun moyen de ressentir votre état d’esprit. Nous vous avions injecté l’empreinte pour retrouver le fils du roi. Nous devions être absolument certains de votre loyauté. Dans le cas contraire, nous devions d’urgence désactiver l’empreinte et grâce au scan furtif, nous avons su très vite que nous n’aurions pas à le faire.

Élisa se tourne vers le Commandant.
Élisa : C’est après cette rencontre qu’ils sont venus sur Terre dans mon passé et que j’ai reçu ces gènes que nous avons aujourd’hui tous les deux. Même quand j’ai gagné mes voyages spatiaux à la loterie, c’était eux.
Le Commandant : Vous avez bafoué bien des règles du voyage dans le temps en intervenant ainsi dans la vie d’une alpha…
Reymo : Lorsqu’on l’a rencontrée les dés étaient déjà jetés, nous n’avions plus le choix. Tout lui était déjà arrivé. On a choisi de faire simple.
Élisa : Vous vous entendez ? Rien n’est simple dans cette histoire. Mais si vous n’aviez pas fait tout ça je ne serais pas ici et toi non plus David.
Le Commandant : Oui, je sais. J’ai moi aussi agi contre toutes les règles de mon monde pour permettre à Élisa de rentrer chez elle.
Élisa : Dans deux secondes tout va être de ma faute…
Le Commandant se met à rire.
Le Commandant : Oh Élisa, je crois que nous avons été chanceux, oui très chanceux d’avoir été sur ton chemin.
Élisa : Quelqu’un m’a déjà dit ça je crois, dit-elle en regardant fixement Mira.
L’atmosphère se détend soudain. “Rien n’est blanc, rien n’est noir” finit par penser Élisa.

Le Commandant : Bien, pourrions nous disposer d’un scanner dans un premier temps ?
Mira : Nous en avons un ici.
Encore une pression avec un doigt sur un bouton invisible et un autre tiroir s’ouvre laissant paraître à l’intérieur le même style de boite ronde que celle aperçue sur Dalygaran.
Reymo : Pour le brouilleur ça va être plus difficile. Il va falloir demander à Nori.
Élisa : Oh Nori ?
Le Commandant : Nori ?
Mira : Elle ne vous a rien dit n’est-ce pas ?
Le Commandant : A propos d’un Nori, non effectivement…
Élisa se rend compte qu’elle ne sera jamais prête à expliquer ce moment de sa vie au Commandant. Mais qu’il va bien falloir qu’elle le fasse. Qu’elle lui raconte ce qu’elle a fait en Mésopotamie et ce qu’elle a appris avec Nori.
Élisa : Je… Je ne sais pas par où commencer.
Mira : Reymo et moi allons vous laisser quelques instants. Commandant, c’est vous qui avez le révélateur : bouton carré pour nous rappeler, d’accord.

Le Commandant : D’accord.
Élisa : Je…
Reymo : C’est entre vous deux… A tout à l’heure.
Élisa se racle la gorge avant de raconter au Commandant toute l’histoire. L’homme qu’elle a frappé  à Terre en Mésopotamie, la proposition de la Reine, les simulations.
Le Commandant : Et tu as fait tout ça pour honorer ma mémoire ?
Élisa : N’aie donc pas l’air si incrédule, c’est presque vexant.
Le Commandant : Tu n’a pas compris. Quatre jours. Tu as réussis ces 5 sessions en seulement quatre jours. Et ta motivation c’était moi…
Élisa : Je t’avais perdu !
Le Commandant : Et moi quel imbécile j’ai été… Je t’ai laissé partir fâchée de Dalygaran sans rien te dire…
Élisa : Je ne t’en ai pas laissé l’occasion.
Le Commandant ouvre ses bras : “Viens là”, et ils s’enlacent tous les deux en ronronnant.
Le Commandant murmure : Je mourrais tellement d’envie de te revoir. Mais s’il n’y avait pas eu cette épidémie, jamais je n’aurais osé te recontacter.
Élisa murmurant elle aussi : Je t’en voulais tellement, mais je ne pouvais m’empêcher de penser à toi. Je mourrais d’envie de te revoir aussi.
Le Commandant : C’est bien la première fois que je ronronne en mission.
Élisa éclate de rire.
Élisa : Ronronner est nouveau pour moi. J’adore ça.
Le Commandant : Si nous rappelions Mira et Reymo ?

Il appuie sur le bouton carré du révélateur. Mira et Reymo ne tardent pas à réapparaître.
Le Commandant : Que faut-il faire pour obtenir le brouilleur ?
Mira : Vous êtes du genre à ne pas perdre de temps vous.
Élisa : Ça dépend des fois…
Élisa et le Commandant se sourient.
Mira : Il faut faire une demande à Nori.
Reymo : Il dispose d’un appareil d’entraînement qui effectue bien un scan furtif, mais il n’y a pas de dispositif d’enregistrement. La demande doit être faite par celui qui subit l’entraînement, donc Élisa. Et aucun rapport n’aura à être fourni après son utilisation.
Le Commandant : Pour tout le monde ici, Élisa c’est moi. Aucun Frigellyen à part vous ne doit savoir qu’elle occupe un autre corps avant la fin de l’enquête. Sur Dalygaran, les autres m’ont pris pour elle. Cela doit rester ainsi.
Reymo : Vous pensez peut-être pouvoir tromper Nori à votre sujet ? Commencez déjà par retirer le révélateur.
Le Commandant : Exact.
Reymo : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Mais je comprends que vous cherchiez à garder cette couverture. Je le préviens de votre arrivée.
Et Reymo sort de sa poche un appareil de communication dont il se sert pour annoncer l’arrivée d’Élisa à Nori.
Reymo : Vous avez toujours le régulateur ?
Élisa sort le petit objet d’une de ses poches.
Élisa : Le voilà.
Reymo : On va l’utiliser pour l’envoyer dans la salle de combat. Il n’y est jamais allé. Il ne peut pas faire comme vous, se baser sur ses souvenirs…
Élisa donne le régulateur au Commandant qui le range dans une de ses poches.
Le Commandant : Élisa tu peux commencer à t’entraîner au verrou Dalygarien. Ton esprit est comme une maison. Le scanner a besoin de passer une porte pour accéder aux pièces occupée par ta mémoire…
Les premières fois, laisse le scanner entrer, voit comment il chemine dans ton esprit. Tu dois comprendre avant tout sa manière de fonctionner. Cela demande beaucoup de concentration. Dès que tu as compris comment ça marche, imagine toi en train d’ériger un mur de briques. Condamne la porte d’entrée avec ton mur de briques.
Élisa acquiesce. “Un mur de brique comme verrou, on ne fait pas de détail sur Dalygaran” pense-t-elle.
Mira : Nous restons avec elle. Nous vous attendons ici.
Reymo : Je vous envoie en salle de combat.

Nori est déjà là.
Nori : Élisa, quel plaisir de vous revoir. Vous venez directement en corps de voyage à ce que je vois.
Le Commandant : Je n’avais pas prévu de venir sur Frigellya. Je n’ai pas le révélateur sur moi. Je faisais des recherches sur l’origine de l’épidémie sur Dalygaran quand je suis tombée sur une bande de Frigellyens en train de polluer l’eau de la planète avec de drôles de fioles.
Nori : Vous voyez, vous n’avez pas rendu votre corps de voyage finalement.
Le Commandant : Oui. Avoir ramené l’Etoile du Matin m’a donné nouveau statut sur cette planète. Je suis devenue une sorte de héro national. Je peux même utiliser le corps de voyage rien que pour visiter mes amis. Mais je n’ai pas pu refuser l’aide qui m’était demandée de chercher à savoir comment s’est déclenchée cette épidémie. Je suis triste de voir qu’il s’agit peut-être d’une action criminelle. Tant de gens sont morts. Je suis venue voir Mira et Reymo pour tenter d’identifier les individus que j’ai vu. Nous travaillons ensemble…
Nori : Et vous avez besoin de vous exercer pour éviter les scanner furtifs ?
Le Commandant : Mira et Reymo disent que les rebelles – ils pensent que j’ai vu des rebelles – ne sont pas des gens qui respectent énormément les règles et que je dois savoir protéger mon esprit de tout scan qu’il soit pratiqué ouvertement ou furtif.
Nori : Les Dalygariens pratiquent la technique du verrou je crois ?
Le Commandant : Mira et Reymo en sont persuadés. Ils vont m’entraîner.
Nori : Ecoutez Élisa, nous sommes en salle de combat et je dois dire que j’ai pris extrêmement de plaisir à combattre avec vous la dernière fois. Votre technique est tellement… originale.
Le Commandant : C’est Dalygarien.
Nori : Oui, ces gens se battent de manière peu banale. Pensez-vous que nous pourrions…
Le Commandant : Prenez donc un bâton.
Nori : Vous savez que je ne l’aurai pas longtemps.
Le Commandant : Nous verrons.
Et Nori se saisit d’un bâton sur le mur. Le combat commence.
Lorsqu’il se termine Nori prend la parole :
– C’est extraordinaire. La même technique, mais aussi la même façon de réajuster sa force, ça c’est costaud, mais vous n’êtes pas Élisa. Vous savez comment elle combat. Vous savez que n’étant pas habituée à un corps d’homme elle doit constamment réajuster sa force qu’elle a tendance à surutiliser. Vous avez combattu avec elle. Et je pense que vous lui avez même tout appris. Car la seule personne qui peut en savoir autant sur elle, c’est son instructeur.
Le Commandant : Vous savez bien que mon instructeur est mort.
Nori : Oh j’ai vu la douleur dans les yeux d’Élisa quand elle parlait de vous. Cette douleur ne peut pas avoir disparu si vite. Vous êtes le Commandant Cristal de Lune et vous êtes vivant.
Le Commandant reste silencieux un instant.
Le Commandant : Qu’est-ce qui m’a trahit ?
Nori : Vous avez pris le temps de m’évaluer. Vous ne m’avez pas désarmé tout se suite.
Le Commandant : J’aurai dû y penser. Élisa se laisse guider par son instinct. Et elle est rapide…
Nori : Vous avez failli réussir.
Le Commandant : Ça m’ennuie vraiment qu’une personne de plus sache que je ne suis pas Élisa.
Nori : Reymo et Mira savent ?
Le Commandant : Reymo m’a bien dit que c’était une mauvaise idée que d’essayer de me faire passer pour elle auprès de vous. Mais je voulais qu’un minimum de Frigellyens sache par qui était occupé ce corps.
Nori : Comment se fait-il qu’elle vous ait cru mort ?
Le Commandant : Je ne suis pas revenu dans mon corps sur Dalygaran la nuit où je suis venue l’avertir de l’épidémie qui ravageait ma planète.
Nori : On m’a raconté l’histoire. Elle est allée chercher l’’Etoile du Matin dans le passé Dalygarien.
Le Commandant : Oui.
Nori : Si vous n’êtes pas rentré dans votre corps Dalygarien, où êtes vous donc allé ?
Le Commandant : On m’a proposé un corps sur Terre.
Nori : Vraiment, mais à quelle époque ?
Le Commandant : Celle d’Élisa, mais ce sont des epsilons qui l’ont fait.
Nori : Vous voulez dire que des epsilons vous ont proposé un corps à l’époque d’Élisa ?
Le Commandant : Oui.
Nori : Et vous voyagez dans le même corps Dalygarien qu’Élisa ?
Le Commandant : Historiquement, j’ai été le premier esprit à occuper ce corps.
Nori : Elle ne voyage plus alors…
Le Commandant ne répond pas tout de suite.
Le Commandant : Écoutez vous en savez déjà beaucoup trop à mon goût. Et même si je choisis de faire confiance à l’instructeur, compte-tenu de ce que vous lui avez enseigné vous aussi, je préfère vous en dire le moins possible. Le brouilleur est pour elle. Pouvons nous l’avoir ?
Nori : Elle est ici donc.
Mira : Oui elle est ici. Mais Nori, je suis désolée. Tu vas devoir oublier tout ça pour le moment.
Le Commandant : Mira, ça fait longtemps que vous êtes là ?
Mira : Une petite minute. Enregistre l’emprunt du brouilleur au nom de Élisa Nori s’il te plaît.
Nori : D’accord. Mais tu vas vraiment devoir me…
Mira : Ce n’est qu’une petite piqûre. Et ne t’inquiète pas, tu te souviendras de lui. Mais bien plus tard…
Le Commandant : Cette pièce est-elle sûre, je veux dire, notre conversation aurait-elle pu être entendue par ailleurs ?
Nori : Vous êtes dans une partie du château où les agents de la garde royale sont entraînés. La sécurité y est maximum. Personne ne pourrait écouter quoi que ce soit ici … sans ma complicité. Il va falloir me croire quand je vous dis qu’aucun dispositif d’écoute n’est installé ici.
Mira : La confiance ne fait pas partie du protocole d’urgence Nori. Et avec les informations que nous avons au sujet des événements de Dalygaran maintenant, nous sommes passés en protocole d’urgence. Regarde donc ce que j’ai dans la main.
Nori : Un nettoyeur ! Si un dispositif d’écoute aussi sophistiqué soit-il est installé ici, ce genre de dispositif le détectera.
Mira : Je l’ai déjà activé, il n’y a rien. Néanmoins, je suis désolée Nori. Tu dois oublier ta conversation avec le Commandant. Mets Élisa comme utilisatrice du brouilleur de tests et donne nous une carte d’accès à la salle pour aller le chercher.
Nori : Voilà la carte d’accès. Elle n’est valable qu’une heure. Et il tend le bras.
Mira : Assieds toi, tu vas t’assoupir.
Nori s’assied sur le sol.
Nori : Je vais me poser des questions en me réveillant.
Mira : Et tu ne trouveras pas de réponse. Ça va te turlupiner… Et tu viendras nous voir Reymo et moi. On te dira de ne pas chercher et tu comprendras qu’il est important que tu ne poses pas plus de question. Tu es rompu à ce genre de protocole Nori.
Nori sourit.
Nori : Je préfère quand je l’applique aux autres. Allez dépêche toi.
Mira fait la piqure et Nori s’endort.
Mira : Allons chercher l’appareil.

De retour à l’abri.
Le Commandant : Nous revoici.
Mira : j’ai le brouilleur.
Élisa : Je n’y suis pas encore arrivée. L’histoire du verrou je veux dire.
Le Commandant : Élisa c’est normal, ce n’est pas quelque chose de facile. C’est pourquoi il faut s’entraîner. Tu dois absolument visualiser comment le scanner s’y prend pour entrer dans ton esprit. C’est là la clé.
Reymo : Elle a déjà commencé à vouloir construire son mur de briques.
Le Commandant prend les mains d’Élisa tout en lui parlant.
Le Commandant : Écoute, ce n’est qu’une question de temps. Tu vas y arriver. Je n’ai aucun doute là dessus. Tu es quelqu’un de très instinctif Élisa, laisse ton instinct te guider, mais ne cherche pas à aller vite. Suis le scanner. Traque le. C’est toi le chasseur. Lui l’intrus. Voilà comment tu vas faire : tu vas le chasser à l’affût. Vide ton esprit comme te l’a appris Nori. Vide-le totalement. Et tiens toi prête à claquer la porte au nez du scanner.
Mira à voix basse à destination de Reymo : Mais ils ronronnent.
Reymo : Chut,  regarde plutôt comment il s’y prend.
Le Commandant, tenant toujours les mains d’Élisa et lui faisant face, tourne la tête vers Reymo en l’inclinant légèrement. Reymo comprend ce qu’il doit faire. Il lance le scanner.
Élisa : Il arrive.
Le Commandant : Il ne doit pas rentrer.
Élisa : Je n’ai pas le temps de construire un mur.
Le Commandant : Que voudrais-tu faire ?
Élisa : Mettre un canadenas.
Le Commandant : Alors met un cadenas.
Élisa : Trop tard, il est passé.
Le Commandant : Ce n’est pas grave, on recommence.
Reymo arrête le scanner.
Le Commandant : On reprend la chasse à l’affût. Vide entièrement ton esprit.
Mira à voix basse : Ils ronronnent encore.
Reymo : Et alors, c‘est comme ça qu’il l’apaise.
Au bout d’un moment, le Commandant refait signe de la tête à Reymo, sans lâcher les mains d’Élisa.
Élisa : Il arrive.
Le Commandant : Ton cadenas est prêt, pose le.
Élisa : Je pose le cadenas.
Le Commandant : Ne te relâche pas. Construis ton mur maintenant. Le cadenas pourrait lâcher.
Élisa : Je construis le mur.
Le Commandant : Ne relâche rien. Ton mur te protège. Garde ton mur. Assure toi de sa solidité.
Élisa : Il est solide. Je me sens en sécurité.
Le Commandant : Tu es en sécurité. Plus rien ne peut passer.
Élisa : Plus rien ne peut passer.
Reymo arrête le scanner.
Reymo : Elle a réussi.
Élisa : Nous avons réussi, corrige-t-elle. J’ai eu une aide précieuse.
Le Commandant : Maintenant que tu as compris comment ça marche, tu pourras le refaire seule. Mais peut-être pas aujourd’hui. Je propose que nous arrêtions là. Nous consoliderons ça demain et nous travaillerons le brouilleur après. Mira, Reymo, nos esprits doivent se reposer et nos corps doivent se restaurer.
Mira appuie sur un autre bouton invisible de l’index et le sofa du fond de la pièce s’étire en lit.
Mira : Nous n’avons qu’un seul lit dans notre abri.
Élisa et le Commandant se regardent en souriant.
Élisa : Nous allons nous en contenter.
Reymo : Vous êtes ensemble, vous deux, n’est-ce pas ?
Le Commandant : Oui.
Reymo : Bien. Nous vous apportons à manger et vous pourrez dormir ensuite.
Dès que la nourriture est déposée sur la table, Mira et Reymo s’éclipsent.
Élisa semble apprécier tout autant la nourriture Frigellyenne que nos deux Frigellyens la nourriture terrestre.
Le Commandant : Viens il faut dormir maintenant.
Ils s’allongent tous les deux côte à côte et s’endorment très vite dans les bras l’un de l’autre.

Annie

6 commentaires

  1. Bonsoir Annie
    J’ai vu une petite coquille, tu as écrit  » nous travailerons le brouilleur » au lieu de « nous travaillerons le brouilleur « .
    Sinon, très bonne histoire, hormis que je trouve qu’il manque une (courte) transition entre le chapitre 6 et le chapitre 7 (ils sont sur terre à devoir inventer un passé au commandant et brusquement ils se retrouvent sur Dalygaran pour une fête)

    • Bonjour Cyrille,
      J’ai corrigé la coquille. Sinon, oui, la transition est directe. De mon point de vue, il n’y avait rien à rajouter… Peut-être reviendra-t-on un jour sur cette histoire d’identité… Mais pas dans la troisième partie 😉

      • Bonjour Annie.
        Je viens de voir une autre coquille.
        « Au bout d’un moment, le Commandant refait signe de la tête à Niro ».C’est plutôt à Reymo qu’il fait signe non?

        • Bonjour Cyrille,
          Ah non, ce n’est pas une coquille. Peut-être n’ai-j pas été assez précise. Plus haut j’ai écrit : « Le Commandant, tenant toujours les mains d’Élisa et lui faisant face, tourne la tête vers Reymo en l’inclinant légèrement. Reymo comprend ce qu’il doit faire. Il lance le scanner. » C’est le premier signe de la tête qu’il fait à Reymo. Il donne le top départ. Et donc plus bas dans le texte, il recommence, c’est bien lui qui incline la tête et Reymo qui attend le signe pour lancer le scanner…

          • Rooh. J’avais mal lu ton commentaire. Même pas vu qu’on y parlais de Niro. Oui, il s’agit bien de Reymo. Et il s’agit bien d’une coquille ! Je vais corriger ça ! Good job 🙂
            Au passage : la coquille est absente de la version Anglaise. C’est bizarre, parce que je la construis à partir de la version Française. J’ai du corriger de moi même à la traduction… ou c’est mon relecteur Canadien qui déjà avait mis le doigt dessus 😉

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