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Chapitre 8 – Tout Premier Rayon de l’Anneau d’OR – Première partie

Lorsque le Commandant ouvre les yeux, il est dans son corps de voyage sur Dalygaran. Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers l’attend et l’accueille chaleureusement.
– Bonjour mon ami, tu viens en célibataire cette fois-ci, lui lance-t-il joyeusement.
– J’ai des affaires à régler. Je dois voir quelqu’un.
– Quelqu’un, vraiment ?
– J’ai une idée pour ma succession en tant que Commandement en Chef de l’armée Dalygarienne, mais je dois d’abord la convaincre.
– La ?
– Une de mes anciennes élèves… Je veux qu’elle essaie aussi le corps de voyage, celui qu’Élisa utilise d’habitude.
– Ces deux corps là sont prêts en permanence tu sais.
– Oui je sais, répond en souriant le Commandant. Je dois me rendre à l’autre bout de la planète. Elle est dans notre deuxième base. Je reviens dès que possible. Tu peux amener l’autre corps ici en attendant ?
– Bien sûr.
– Et ramène aussi une pilule de voyage.
– D’accord.
Et le Commandant se dématérialise pour se re-matérialiser à la deuxième base militaire de Dalygaran. A l’accueil, il demande une tablette pour s’authentifier, même si chacun reconnaît ici le premier corps de voyage de la planète et sait parfaitement qui est à l’intérieur.
– J’aimerai parler au Major Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or.
– Elle est dans notre salle des penduliers. Elle s’entraine. Elle essaie d’atteindre le niveau 8.
– Ça ne m’étonne pas. Elle finira par y arriver.
– Vous savez où se situe la salle…
– Oui. Inutile de la faire prévenir, laissons-là concentrée sur ce qu’elle fait.

Lorsque le Commandant arrive devant la salle des penduliers, il entend le mécanisme en action. Il patiente jusqu’à ce qu’il s’arrête et frappe à la porte.
– Entrez, répond une voie féminine.
Lorsqu’il rentre dans la salle, le Commandant reconnaît la jeune femme élancée aux yeux verts, avec sa marque distinctive, une blanche, autour de l’œil gauche.
– Bonjour Major.
– Commandant Cristal de Lune…
– Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or, toi et moi on se connait bien. Si on laissait tomber ces formalités ?
– On se connaît bien, vraiment ? C’est ce que je croyais…
– On se connaît bien parce qu’on est pareil…
– On n’est pas pareil.
– Je t’assure que si…
Le Commandant lève la main pour demander le silence, alors que Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or s’apprête à répondre.
– Écoute, je suis venu te faire une proposition.
– Une proposition ?
– Je veux que tu prennes ma place au Commandement.
– Quoi ?
– Tu as très bien compris.
– Qui te dit que j’ai envie de ça ?
– Oh mais tu n’as pas envie de ça. Personne n’a envie de ça. Mais si on t’en donne l’opportunité, tu la prendras et je te la donne.
– Tu n’as pas ce pouvoir. Jamais on ne me donnera ce Commandement.
– Pas tout de suite. Mais je t’assure qu’ils vont te le donner.
– Je n’ai aucun soutien au Haut Commandement.
– Tu auras mon père…
– Vraiment ?
– Nous irons lui parler si toi tu me dis que le poste t’intéresse.
– Le Commandement en chef de l’armée Dalygarienne ?
– Oui.
– Moi ?
– Oui.
– Pourquoi ?
– Parce qu’il n’y a que toi…
– Tu n’es pas sérieux.
– Bien sûr que si. Il n’y a que toi qui pourras occuper ce poste dans la continuité de ce que j’ai mis en œuvre. Je te l’ai dit, toi et moi, on est pareil…
– On n’est pas pareil.
– On l’est. Tu as soigné comme moi une profonde blessure en te jetant corps et âme dans le travail.
– Je n’ai pas envie de parler de ça.
– Moi si, mais pas tout de suite. Allons à la salle des transporteurs, j’ai quelque chose à te montrer. Viens.
Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or hésite, mais finit par suivre celui qui est encore son supérieur.

Dans la salle des transporteurs, le Commandant choisit une machine et entre les coordonnées du centre de recherche spatial. Le transporteur est suffisamment petit pour atterrir directement dans la salle de débarquement où Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers a déjà déposé le corps de voyage féminin.
– Je ne m’attendais pas à te voir de retour si vite, dit ce dernier.
Apercevant le Major, il continue :
– Bonjour… euh… Major ? Je ne suis pas très au fait des grades militaires.
– Oui, c’est bien Major, répond-elle.
– Étoile Scintillant dans l’immensité de l’Univers, Responsable des Recherches, indique au Major le Commandant. Puis s’adressant à son ami, il poursuit :
– Dis moi, tu as pensé à la pilule de voyage ?
– Bien sûr, quelle question.
– C’est pour elle.
– Je m’en doutais un peu.
– Oh parce que lui, il sait que…
– C’est mon ami, coupe le Commandant.
– Tenez Major, voici votre pilule. Il y a une banquette, juste à coté du bureau, là, dit-il en accompagnant ses paroles d’un geste de la main.
– Étoile Scintillant dans l’Immensité de l’Univers, tu peux nous laisser seuls ?
– Ah ? Euh, oui, répond-il un peu dépité.
– Ne t’inquiète pas mon ami, je t’expliquerai de quoi il retourne par la suite.
– Il n’y a pas de problème. Je vous laisse.
Tout en disant ces paroles, il attrape un verre d’eau qui trônait sur le bureau et le tend au Major.
– Merci, répond-elle.
Lorsqu’il est parti celle-ci se retourne vers le Commandant.
– Ton ami hein ?
– Le meilleur que j’aie sur cette planète.
– Tu n’as pas changé.
– Crois tu ? Prend ta pilule, va t’allonger et entre dans le corps de voyage.
– A vos ordres !
Le Commandant ne relève pas et laisse le Major faire. Lorsque le corps de voyage ouvre les yeux, il lui dit :
– Toi et moi on est pareil.
– C’est faux.
– Il s’en est fallu de peu qu’on soit lié.
– Mais on ne l’a pas été. J’étais amoureuse de toi, tu ne l’étais pas, fin de l’histoire.
– Mais j’ai fini par…
– …par rien du tout. Un anneau d’or Cristal de Lune. Un anneau d’or que tu as mis pour finalement condescendre à m’accorder un peu d’attention. Tu es un garçon bien élevé Cristal de Lune. Tu as pensé que tu devais te montrer gentil. Je ne voulais pas d’un lien qui ressemblait plus à un devoir qu’un un véritable sentiment. Tu t’étais juste laissé attendrir. Mais tu ne m’aimais pas.
– Je pense que je suis le mieux placé pour savoir ce que je ressentais. Tu avais fini par réveiller mon cœur. Et c’est toi qui m’as rejeté finalement. A cause de mon nom.
– Et tu m’as crue ? Voyons, ton nom, je le connaissais depuis le début. Je t’ai juste libéré, Cristal de Lune.
– C’est faux. La vérité, c’est que tu ne m’aimais pas vraiment.
– Bien sûr que si.
– Bien sûr que non. Écoute, j’ai eu tort de vouloir parler de ça… Je voulais que tout soit clair entre nous et c’est toujours aussi douloureux. J’ai besoin d’air. Je m’en vais à la Grande Cascade. Là bas au moins je respire. Ce n’est pas la peine de me suivre. De toute manière, je ne vois pas comment tu pourrais, il m’a fallu une lune entière pour faire fonctionner ce corps…
– Quoi ? Je…
– Il faut utiliser son esprit, et savoir ce que l’on veut. Toi, je ne suis pas sûr que tu saches ce que tu veux…
Et le Commandant se dématérialise, laissant le Major seule dans la salle de débarquement du centre de voyage.
– Merde alors. Quel toupet ! Lui et sa Grande Cascade, je les déteste tous les deux. Il va voir si je…

Et le Major se dématérialise à son tour et se re-matérialise à la Grande Cascade.
– Je suis désolé, lui dit doucement le Major.
– Ouah. Ce corps est surprenant… J’étais furieuse après toi, je voulais te parler, et me voilà…
– Oui. L’émotion. C’est un facteur déterminant dans la prise en main de ces machines. Sans une décharge émotionnelle pour initialiser le lien entre son esprit et la machine, rien ne se passe. C’est pour ça que j’ai mis une lune entière à pouvoir l’utiliser. J’y suis arrivé au moment où je désespérai.
Pour Élisa ça a été plus facile, les humains bouillonnent d’émotions. Et tu viens de valider ma théorie. La décharge émotionnelle que tu as ressentie t’a conduite ici. C’est ça que je voulais te montrer.
Pour ce qui est de nous deux, tu as raison, nous n’étions pas fait l’un pour l’autre, j’ai hésité bien trop longtemps. J’aurai du comprendre que ce que tu as dit de mon nom n’était qu’un prétexte, mais ça a surtout été pour moi un prétexte de me refermer une fois de plus sur moi-même. Je n’étais simplement pas prêt. Je suis désolée de t ‘avoir bousculée pour t’amener jusqu’ici.
– Tu ne l’es pas. Tu as obtenu exactement ce que tu voulais. Tu as raison finalement, tu as changé. Le Cristal de Lune que je connaissais n’aurait jamais agit ainsi.
– L’humain en moi sait que c’était la méthode la plus rapide. J’ai fait taire mes scrupules Dalygariens.
– Tu as fait de ton humanité un outil stratégique, Cristal de Lune. Finalement, ça c’est bien toi. Droit vers l’objectif. On se ressemble beaucoup, sur ce point là. Et c’est pour ça que je ne t’en veux pas. Nous avions besoin de nous expliquer sur cette époque-là. Nous ne l’avions jamais fait. Un lien se tisse à deux, Cristal de Lune et j’étais seule, même si tu avais fini par te persuader du contraire. Ça n’aurait pas été un lien durable, je me devais de te libérer. Je n’ai sans doute pas choisi la meilleure méthode. J’étais blessée, et j’ai voulu te faire mal.
– Les Dalygariens et les humains sont sur certains cotés assez semblables.
– Tu en connais beaucoup plus sur les humains que moi…
Tout Premier Rayon de l’Anneau d’or se tait un instant avant de reprendre :
– Et tu as raison, je me suis jetée à corps perdu dans mon travail pour oublier tout ça.
– Tu n’es liée à personne ?
– Ça n’arrivera pas.
– Moi aussi je pensais que ça n’arriverait pas, et regarde moi aujourd’hui…
– Oh j’étais dans la foule le jour de la fête en l’honneur de la Terrienne, enfin de ta… compagne. Et je vous ai vu. Votre lien ne fait aucun doute. Il rayonne.
– Nous allons nous marier.
– Je n’en suis pas étonnée. Je vous souhaite un avenir radieux.
– Je te remercie. On rentre au centre de voyage spatial maintenant ?
– Tu crois que je vais y arriver ?
– Une fois le corps initié, c’est facile, tu vas voir. Part en premier, je te rejoins.
Le Major essaie de se concentrer mais elle ne bouge pas d’un iota.
– N’essaie pas de forcer les choses. Ça doit rester naturel. Tu veux retourner au centre de voyage, tu as juste besoin de le vouloir…
Le Major disparaît.

Lorsque le Commandant se re-matérialise en salle de débarquement, elle est là, triomphante.
– J’y suis arrivée. Tu as vu. J’y suis arrivée.
– Je te l’avais dit. Nous travaillerons les bonds dans le temps une autre fois si tu veux bien. Allons voir mon père.
– Il loge toujours au même endroit, au Haut Commandement ?
– Oui.
– Rendez-vous devant sa porte.
– Tout Prem…
Le Commandant n’a pas le temps de finir sa phrase qu’elle est déjà partie.
« Elle a des points communs avec Élisa » se dit-il intérieurement.
Lorsqu’à son tour il arrive devant la porte de son père, celui-ci est en train d’ouvrir à Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or qui semble-t-il a déjà frappé.
– Mes enfants, quelle surprise, fait le Commandant Suprême.
– Ce n’est pas Élisa, Père.
– Vraiment, alors qui est-ce ?
– Je suis le Major Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or.
Le Commandant Suprême regarde son fil d’un air interrogateur.
– Pouvons nous entrer Père ?
– Oui, bien sûr que oui.
Une fois à l’intérieur le Commandant Suprême montre de la main au Major un endroit pour s’asseoir. Lui et son fils lui font face.
– Père, tu sais que je ne peux plus être Commandant en Chef de l’armée Dalygarienne. Ma vie est sur Terre maintenant…
– Je sais mon fils, je sais… répond le père en baissant la voix et la tête.
– Le Major Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or peut me remplacer. Elle en a toutes les capacités. Et elle sait déjà piloter le corps de voyage. Elle apprend vite.
Le Commandant Suprême regarde la jeune femme dans le corps de voyage occupé d’ordinaire par sa future belle-fille.
– Je suis impressionné. Jeune-fille, c’est ce que vous voulez ?
– J’en serais honorée Commandant Suprême.
– Si mon fils vous a choisi pour sa succession, c’est qu’il a vous a en haute estime. Je me fierai à son jugement.
– Vous ne le regretterez pas Commandant Suprême.
– Mon fils as-tu avec toi cet appareil, ce révélateur que je puisse voir à quoi ressemble cette jeune personne ?
– Il doit être dans une des poches de ma combinaison Père.
Le Commandant fouille un instant dans ses poches et ressort le bracelet. Il le met autour de son poignet et explique au Major.
– Cet appareil révèle ta vraie nature quand tu appuies sur le bouton rond.
Et il appuie sur le bouton rond. Il se met à rire franchement en voyant la tête du Major.
– Tu as déjà oublié à quoi je ressemblais ?
Le Commandant Suprême ne laisse pas le temps à la jeune femme de répondre et lui dit :
– Ne soyez pas surprise mon enfant. Mon fils, si tu voulais bien donner le bracelet au Major…
– Oui, Père. Tu appuies sur le bouton rond pour te montrer sous ta forme réelle et sur le bouton triangulaire pour reprendre l’apparence du corps de voyage, dit le Commandant en tendant le bracelet au Major.
Lorsque le Major a appuyé sur le bouton rond, le Commandant Suprême dit :
– Très bien jeune fille. Vous pouvez appuyer sur le bouton triangulaire maintenant. Il me semble me souvenir de vous…
– Je suis restée dans l’unité numéro 1 pendant près de trois anneaux d’or.
– Nous avons du nous croiser de temps à autres alors… Ecoutez, j’aimerai m’entretenir seul avec mon fils un instant. Vous voulez bien nous laisser ?
– Bien entendu Commandant Suprême. Mes respects.
Avant qu’elle ne soit partie, le Commandant ajoute :
– Retourne à la base 2 et explique leur la situation. Nous confirmerons ta nouvelle affectation dans peu de temps. Tu peux rester en corps de voyage pour aller plus vite, si tu veux.
– Je commence tout de suite ?
– Si tu le souhaites, répond le Commandant. Mais c’est à toi de décider. Il y a peut-être des choses que tu désires terminer avant de partir. Nous pouvons…
– Non ça ira, je donnerai les instructions nécessaires à l’achèvement des enquêtes en cours. Je serais de retour dès que possible.
– Je vais faire le nécessaire pour vous mettre en probation immédiatement comme Commandant en Chef. Mais il faudra que le Haut Commandement entérine cette décision dans un délai de moins d’une lune, précise le Commandant Suprême.
– Merci Commandant Suprême.
– Quand vous en aurez terminé, je souhaite que vous reveniez directement me voir. J’en aurai sans doute fini avec mon fils.
– A vos ordres Commandant Suprême. A très bientôt.
Et le Major disparaît.

Le Commandant Suprême se lève et prend la place du Major dans le fauteuil afin de faire face à son fils. Il le regarde droit dans les yeux.
– Tu es en train de changer mon fils.
– Je suis de plus en plus humain, tu sais.
– Ce n’est pas ce à quoi je faisais allusion. Il y a quelque chose de différent en toi depuis que tu es revenu du bout du temps. Quelque chose s’est passé là-bas. J’en ai la certitude. Ne peux tu rien me dire ?
– Du moment que tu le demandes Père, je n’ai rien à te cacher.
– Je te remercie mon fils. Alors dis moi, que t’es-t-il arrivé au point que tu veuilles te débarrasser au plus vite de tes obligations Dalygariennes ? Tu laissais trainer les choses avant…
– Ce n’est rien de grave Père, bien au contraire. Je… Élisa et moi, nous avons rencontré… notre… fille.
Le Commandant Suprême hausse les sourcil et dit à son fil :
– Ça a du être une sacrée surprise.
– Élisa et moi avons ressenti tous les deux le lien de parenté qui nous unissait. J’ai beau avoir l’habitude des voyages dans le temps, j’aurai préféré cette fois-ci découvrir cette sensation comme n’importe quel Dalygarien…
– Tu n’es pas n’importe quel Dalygarien mon fils. Tu vis sur Terre, dans un corps Humain. Et tu vas être père d’un enfant Humain. Tu es unique en ton genre…
– Je sais.
– Dis moi, comment est-elle ?
– Impossible, comme sa mère quand je l’ai rencontré.
Le Commandant Suprême se met à rire.
– Dois-je en conclure que cette jeune personne t’a contrarié ?
– Elle a « emprunté » un corps de voyage pour aller au bout du temps sans avoir aucune idée de comment ça se pilotait. Si elle ne nous avait pas rencontré, elle n’avait aucune idée de comment revenir. Elle aurait pu errer dans l’espace et le temps pendant longtemps. Une erreur dans la date de retour et elle pouvait aussi perdre son véritable corps à jamais. C’était totalement inconscient de sa part. Père, je suis de plus en plus humain et j’ai du lutter pour ne pas laisser éclater ma colère. Il fallait agir vite. Il y avait des détecteurs de présence et il y avait une personne de trop dans la pièce. Alors j’ai fait la seule chose que je savais faire : je lui ai parlé comme à un de mes soldats. Pas comme j’aurai aimé parler à ma fille.
– Tu t’es soucié de sa sécurité.
– J’ai eu peur pour elle.
– Tu as agi en père.
– Je n’étais pas prêt.
– Crois moi, on n’est jamais prêt : être parent c’est une mission toujours pleine de surprises. Ta paternité a commencé en fanfare, on peut dire, mon fil. Mais tu n’es pas seul, vous êtes deux pour gérer cette situation.
– Oui je sais. Élisa a été parfaite.
– Cette jeune femme a un énorme potentiel. Je l’aime beaucoup mon fil, et je suis heureux de ce que vous allez construire ensemble…

Le Commandant sourit, tout en murmurant : « tout va si vite… ». Puis le silence s’installe entre les deux hommes, le Commandant perdu dans ses pensées et le père attendant que son fils reprenne la parole. Ce qu’il finit par faire :
– Père, je dois ma vie à Sylvestre et à Paul. Je serai mort sans eux. A la place je vais fonder une famille. C’est une dette que je ne pourrai jamais rembourser, mais je sais ce que je peux faire pour eux : m’assurer que les presque-humains puissent devenir un jour humains. M’assurer que eux aussi, un jour, ils puissent fonder une famille s’ils le souhaitent.
– Tu vas t’impliquer dans le futur de la Terre ?
– Oui. Je veux que ce monde traite mes amis et leurs semblables mieux qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici.
– Tes intentions sont honorables mon fils, mais tu vas prendre des risques énormes.
– Je sais. J’ai parlé de mon projet à Élisa et elle est d’accord pour m’épauler.
– Je n’en suis pas étonné. Mon fils, je ne chercherais pas à te dissuader. Sans ces deux presqu’humain, je t’enterrai. Tu as mon soutien, et si un jour tu as des ennuis, je me battrai pour vous deux, je t’en fais le serment.
– Je te remercie Père, et je ferai tout pour que ça n’arrive pas.
Le Père s’avance vers sont fils pour l’enlacer un instant. Lorsqu’ils se séparent le Commandant poursuit :
– J’ai appris que la situation était en train de se débloquer pour les presqu’humains, qu’on allait examiner leur demande de devenir humains. J’ai besoin de savoir pourquoi seulement maintenant, pourquoi il a fallu si longtemps pour qu’on prenne en considération leur sort. Si tu le veux bien, je vais profiter de mon passage ici pour partir enquêter dans le futur de la Terre.
– En corps de voyage Dalygarien?
– Je vais aller chercher un morpheur chez nos amis Frigellyens pour prendre apparence humaine.
– Tu as déjà une stratégie ?
– Ma partie humaine me pousse à l’improvisation. Dans le cas présent, je vais suivre mon instinct.
– Ne commet pas d’imprudence tout de même.
– Ma personnalité Dalygarienne domine toujours, ne t’inquiète pas. D’ailleurs, d’après Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or, mon humanité ne serait qu’un outil stratégique de plus à mon service.
Le père éclate de rire.
– Cette fille ne manque pas d’a propos. Il y a eu quelque chose entre vous deux n’est-ce pas ?
– C’est du passé.
– Pour elle aussi ?
– Pour elle aussi. Mon offre du Commandement en chef s’est accompagnée d’une explication sur ce passé. Tout est clair, Père.
– Parfait mon fils.
Et Le père et le fils continuent à parler un bon centième de choses et d’autres, principalement de la vie de David et Élisa sur Terre, de leurs projets, quand on frappe à la porte.
– Entrez, fait le Commandant Suprême.
La porte s’ouvre sur Tout Premier Rayon de l’Anneau d’Or, toujours en corps de voyage.
– Tu as fait vite, s’étonne le Commandant.
– Je n’ai pas encore…
– Entrez jeune fille, et toi mon fils, c’est à ton tour de me laisser. J’aimerais parler seul à cette jeune personne. Passe me voir avant de repartir, tu veux bien.
– Oui Père.
– Cristal de Lune, attend moi en salle de désembarquement, j’ai à te parler…
– J’en ai pour cinq minutes avec elle mon fils.
– Je vais au centre spatial, dit le Commandant.
– On se retrouve là-bas.

Annie

2 commentaires

  1. Salut,
    morte de rire que le père dise « Sans ces deux presqu’humain, je t’enterrai »
    Sur Dalygaran ils enterrent les morts alors ?

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