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Chapitre 7 – Le messager

– Quelle journée, s’exclame Élisa, alors qu’elle et le Commandant se retrouvent enfin seuls, le jour de l’arrivée de Lucia chez eux. Que penses-tu de Nelly ? Elle nous connaît n’est-ce pas ?
– Oui, j’ai senti cette intensité avec laquelle elle nous regardait, répond le Commandant. Une espèce d’admiration, mêlée de respect. Elle faisait beaucoup d’efforts pour masquer son enthousiasme de nous voir…
– Ah, oui, maintenant que tu le dis, c’est exactement ce que j’ai ressenti. C’était confus pour moi. Je n’arrivais pas à mettre de mots dessus. Pourquoi crois-tu qu’elle nous admire ?
– Je ne sais pas. Quelque chose que nous allons faire sans doute. Peut-être même en rapport avec le projet dont je vais te parler. Élisa, j’aimerais qu’on en discute tous les deux….
– Oh comme je n’aime pas le ton grave que tu emploies soudainement pour me parler…
– Ne t’inquiète pas lui répond-il, c’est… juste quelque chose que nous devons décider ensemble. Toi et moi…
Le Commandant prend une respiration profonde.
– Je t’écoute…
– Élisa, tu sais que nous devons autant que possible ne pas nous laisser guider par ce que nous savons du futur. Nous devons agir comme si nous ignorions tout. Et ce n’est pas toujours facile.
– Oui, mais tu as dit que telle était la vie des voyageurs du temps…
Le Commandant sourit à cette remarque.
– Je sais, et c’est ce que nous sommes. Lorsque j’ai compris la vie qu’avaient eu nos amis Sylvestre et Paul, j’ai commencé à réfléchir à comment les aider, enfin comment aider les presque-humains à obtenir le droit de devenir humains. Je dois ma vie d’aujourd’hui à ces deux-là. Il n’y aurait pas de David Cristal sans eux. Et nous deux, c’est tellement intense. Je veux qu’ils puissent vivre ça eux aussi.
– Mais ça va être le cas apparemment.
– Oui, c’est ce que nous venons d’apprendre, mais rappelle toi, ce qui arrive dans le futur est la somme des actions du passé. Nous sommes le passé. Et nous devons agir comme si nous ne savions pas ce qui allait se produire au bout du temps. Nous devons faire ce que nous aurions fait connaissant les conditions de vie de nos amis, telles qu’ils nous les ont racontées. Élisa, je veux savoir pourquoi c’est seulement maintenant que les choses semblent se débloquer pour les presque-humains. Je veux retourner dans le futur lointain de la Terre pour mener mon enquête. Et après je ferai ce qui me semblera opportun de faire.
– Attend, ce n’est pas un peu contradictoire ce que tu me dis-là ? Tu vas en savoir encore plus sur le futur…
Le Commandant éclate de rire.
– Tu as totalement raison. Mon projet est d’aider activement les presque-humains à devenir des humains complets. Ma décision est clairement de m’impliquer dans ce futur, si cela se révèle nécessaire. J’ai besoin d’analyser la situation avant cela, pour trouver ce qui a changé aujourd’hui.
– Tu ne comptes pas te lancer là-dedans tout seul j’espère…
– Oh ça non. Nous ne serons pas trop de deux, je pense… Mais c’est seulement si tu es d’accord. Tu as bien conscience que nous pourrions intervenir dans les affaires d’un monde qui n’existe pas encore de notre point de vue, et qu’il s’agirait alors d’ingérences pures et simples de notre part ?
– Oui, les presque-humains méritent de pouvoir choisir leur sort. Si je peux participer à améliorer leur condition, je veux en être.
– Nous pourrons avoir de très gros ennuis si nous étions pris.
– On s’en sortira.
– Nous allons être parents.
– Nos enfants auront alors de quoi être fiers de nous.
Nos enfants ?
– Oui, enfin j’en sais rien moi. Rien ne dit qu’on aura seulement une fille.
– C’est vrai, répond le Commandant tout en souriant. Écoute, avant ça, je voudrais aller sur Dalygaran… seul.
– Ah oui ?
– Il faut que je règle une bonne fois pour toute cette histoire de succession à mon poste de Commandant en Chef de l’armée Dalygarienne. Je vis ici maintenant, ça n’a aucun sens que j’aie toujours ce titre. J’ai quelqu’un en tête que je vais tenter de convaincre. Et j’ai besoin du deuxième corps pour lui faire essayer. Elle…
– Elle ?
– Oui Élisa, une de mes anciennes élèves. Elle est aujourd’hui instructeur à l’autre bout de la planète et elle commande une petite unité de voyageurs du temps enquêteurs.
– Elle enquête sur quoi au juste ?
– Sur des énigmes passées, mais plus sur le plan politique et diplomatique. Si une négociation a échoué par exemple entre notre monde et un autre, elle est chargée d’en savoir plus sur les raisons de l’échec. Plus on en sait, et plus nous sommes capables d’agir avec plus de discernement la fois d’après. C’est un très bon enquêteur et elle sait aussi motiver ses troupes. Mais le plus important, elle sait agir avec la discrétion nécessaire à ce genre de travail… Cependant, le Haut Commandement ne la nommera jamais d’emblée Commandant en Chef de l’armée Dalygarienne, ça je le sais. Mais si c’est moi qui présente sa candidature et que Père nous soutient, nous pourrons accélérer les choses. Je pourrais ne plus être Commandant en Chef et elle aura un titre provisoire de Commandant en probation. Au bout d’un anneau d’or, le Haut Commandement statuera sur sa nomination définitive ou non. Je dois aller là-bas Élisa. J’ai besoin de me sentir libéré de mes obligations militaires Dalygariennes.
– Et la mission archéologique ?
– Tu veux qu’on l’abandonne ?
– Non, bien sûr, que non, proteste Élisa.
– Alors on la garde, répond le Commandant tout en souriant.
– Bien. Pendant ton absence je m’occuperai de Lucia. Il n’est sans doute pas très raisonnable de la laisser seule en ce moment de toute manière. Elle vient tout juste d’arriver. Demain, nous passerons une journée entre filles.
– A la première heure j’irai voir Paul et Sylvestre. Les pilules de voyage sont chez eux et leur système de surveillance gardera un œil sur moi. Nous devrions aller nous coucher maintenant.
– Quelle excellente idée, réplique Élisa, enlaçant son compagnon. Allons dans la chambre…
– Je te rejoins. Je dois prévenir Étoile Scintillant dans l’immensité de l’Univers de mon arrivée. Je ne serais pas long.
– J’y compte bien.

Le lendemain matin, dès qu’ils sont prêts, le Commandant et Élisa décident d’aller voir si quelqu’un est levé chez les deux Martins. Il est très tôt mais Élisa pense que Paul sera déjà debout. Le Commandant frappe doucement à la porte de la cuisine. Il ne veut réveiller personne.
– Entrez, répond la voix de Paul.
– Bonjour Paul dit le Commandant en franchissant la porte.
– Bonjour Comm.. David répond Paul. Hey, Élisa, il t’a poussé hors du lit ?
– Il veut aller sur Dalygaran. Seul. J’ai souhaité l’accompagner jusqu’à ce que son esprit s’échappe.
– Oh ? D’accord. Pilule de 12h ? demande Paul.
– Oui, j’espère que ce sera suffisant, répond le Commandant.
– Je vais chercher la pilule. Je vous rejoins dans la petite salle habituelle à l’arrière du salon.
Lorsque Paul arrive avec la pilule pour le Commandant, Élisa et lui sont assis ensembles sur une des deux banquettes et sont en train de discuter. Paul tend la pilule au Commandant en même temps qu’un verre d’eau et Élisa se lève. Le Commandant prend la pilule, rend le verre à Paul et s’allonge. Son esprit se libère très rapidement. Élisa se penche sur lui pour l’embrasser sur le front. Lorsqu’elle se redresse Paul la prend par le bras et la guide jusqu’à la cuisine
– Il part seul ?
– Quelqu’un doit rester pour s’occuper de Lucia.
– Élisa, Sylvestre et moi nous sommes là, tu le sais bien. Et il le sait aussi. Il y a autre chose…
– Il a des affaires privées à régler et il veut faire essayer mon corps de voyage à quelqu’un d’autre…
– J’ai comme l’impression que ça t’ennuie un peu.
– Il oublie parfois que je suis empathique comme lui désormais et j’ai bien senti qu’il ne m’a pas tout dit…
– Élisa, on parle de David, du Commandant. Il n’oublie rien, tu le sais bien. S’il ne t’a pas tout dit, il a ses raisons.
– Oui, je le sais bien. J’ai confiance en lui, tu sais. Mais, ce lien qui nous unis, c’est quelque chose de très fort, c’est un peu comme si une part de lui vivait en moi et j’ai senti une blessure si profonde.
– Tu es inquiète.
– Oui. Lui et moi faisons le chemin inverse : je suis de plus en plus Dalygarienne et lui de plus en plus humain. Ça nous aide à nous comprendre, mais je sais que ça le déstabilise parfois.
– Il s’en est très bien sorti jusqu’ici, non ?
– Tu as raison. Mais tu vois, ça fait à peine 5 minutes qu’il est parti et il me manque déjà.
Paul se met à rire tout en disant :
– Je comprends … Mais regarde qui voilà…
– Bonjour tout le monde ! fait Sylvestre d’un ton enjoué. Que nous vaut l’honneur de la visite de Madame ?
– Je suis venue accompagner David qui vient de partir sur Dalygaran.
– Seul ?
– Oui, répond Élisa en soupirant.
– Je vois. Une dispute ?
– Quoi ? Non, bien sûr que non !
– Il a des affaires à régler, précise Paul.
– D’ennuyeuses affaires qu’il veut m’épargner, rajoute Élisa.
– Je suis lent mais pas stupide, leur répond Sylvestre. C’est quoi le problème ?
– Il va faire essayer mon corps de voyage à une autre… et il veut qu’elle devienne Commandant en Chef à sa place.
– Oh, je vois. « elle » : est-ce là le problème ?
– Non !
– A en juger par le ton de ta réponse, c’est le problème. Tu n’es qu’un être humain Élisa.
– Et qu’est-ce que tu connais de l’humanité toi, hein Sylvestre ?
– Oh, ce n’est pas très gentil de ta part…
– Je suis désolée Sylvestre, je n’aurais pas du te répondre sur ce ton. Le problème n’est pas avec elle, mais avec ce qu’il m’a caché avant de partir. Pour la première fois depuis qu’on est ensemble, il m’a caché quelque chose, je l’ai senti et ça me ronge. C’est complètement irrationnel, parce que je suis sûre qu’il a ses raisons. Mais je déteste ne pas savoir, alors que j’ai senti que quelque chose n’allait pas. Être un empathique est la plupart du temps vraiment formidable, mais aujourd’hui, je le vis plus comme une malédiction. Je suis très inquiète pour lui. Et il… me manque.
-… Je vois, répond Sylvestre. L’amour semble être quelque chose de bien étrange et compliqué, continue-t-il en murmurant, puis tout haut il ajoute :
– Ce poste de Commandant en Chef, ce n’est pas forcément un cadeau. Ce gars n’avait pas de véritable vie avant de te connaître si j’ai bien compris.
– Son travail était sa vie.
– Et maintenant c’est toi, lui fait remarquer Paul.
– Ok les gars je me rends. Je vous l’ai dit, il me manque, c’est tout.
– Écoute, ça te dirait un peu de peinture dans mon atelier. Ça te changera les idées. Tu as déjà essayé le pastel ?
– Non c’est quoi ?
– Oh je vais te laisser découvrir ça. Je me verse un thé et je te montre.
– Je ne peux pas Sylvestre. David est ici, et si moi je suis dans ton atelier, Lucia va trouver notre appartement vide lorsqu’elle va se rendre chez nous après son réveil.
– Un appartement vide ? Une vraie aubaine pour un type comme moi, fait Paul.
– Ça c’est bien vrai. Monsieur n’arrête pas de se plaindre des bruits que je fais, soi-disant.
– Tu as déjà essayé de lire avec un type qui sifflote dans la même pièce que toi ?
– Vous faites une sacrée paire vous deux, leur dit Élisa sur un ton moqueur. Ça ne te dérange pas d’aller chez nous Paul ?
– Oh que non. Je me prends un livre et j’y vais. Je savoure déjà le silence…
– Et ne terrorise pas la gamine… lui lance Sylvestre.
– Qui ça, Lucia ?
– Qui d’autre ?
– Physiologiquement parlant, tu n’es guère plus vieux qu’elle… Et, je n’ai aucune intention de terroriser qui que ce soit.
– Sylvestre, arrête donc de le taquiner, et montre moi donc ces … pastères.
– Pastels.
– Pastels.

Paul après avoir saisi sa tablette de lecture se dirige vers l’appartement d’Élisa et du Commandant, alors que de leur coté, Élisa et Sylvestre entrent dans l’atelier.
– Tu as bien dormi ici, demande Élisa alors qu’elle franchit la porte.
– Oui, bien sûr. Comme je l’ai dit hier, ce n’est pas la première fois. J’aime peindre le soir et quand ça m’arrive, je préfère rester sur place pour dormir. La première chose que je fais le matin en ouvrant les yeux, c’est de contempler mon travail de la veille. Souvent je fais quelques petites retouches.
Et tu as fais quelque chose hier soir ?
– Oui. Au pastel justement.
Sylvestre va jusqu’au chevalet prend la toile et la montre fièrement à Élisa.
– C’est…
– Oui ?
– C’est magnifique. C’est la vue de la Grande Terrasse ?
– Oui, au coucher de leur soleil.
– C’est très réussi. C’est pas mal du tout le pastel.
– Ils sont là bas, dit Sylvestre en pointant du menton un groupe de bâtons colorés. Tu veux essayer ?
– J’en serai ravie. Mais je n’ai pas de… papier.
– Il y en a juste à coté des pastels, sert toi. Tu sais déjà ce que tu veux dessiner ?
– Je t ‘en fais la surprise.
Et Élisa prend une feuille de papier, un seul pastel et se met à son ouvrage.
– Tu n’approches pas tant que je n’ai pas fini.
Sylvestre sait qu’il est inutile d’insister.
– Je vais aller en cuisine manger un morceau. Je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner…
– À tout de suite Sylvestre.

Lorsque Sylvestre revient une bonne demie heure plus tard, Élisa est tout sourire.
– J’ai fini, lui dit-elle d’un ton enjoué. Alors attention. Prépare toi. Tadaaaa !
– On dirait…
– Lucia. Au premier plan tu as Lucia telle qu’elle nous est apparue hier et en arrière plan tu as la Lucia bébé que nous venons de quitter sur Frigellya.
– Il n’y a pas à dire, c’est bien elle.
– C’est gentil de lui avoir donné ta chambre.
– David et toi êtes un jeune couple. Il m’a semblé que vous aviez besoin d’intimité…
– Oh alors c’est pour qu’on puisse être seuls que tu as donné ta chambre ?
– Euh oui, tu croyais quoi ?
– Tu as trouvé Lucia sur le palier…
– Oui, et ?
– Tu as été gentil avec elle…
– Je suis gentil avec tout le monde…
– D’accord, et tu lui as donné ta chambre.
– Oui, pour que David et toi soyez tranquille au moins le soir.
– Ok.
– Quoi ?
– Rien.
– Tu veux lui donner ?
– Pardon ?
– Le portrait, tu veux le donner à Lucia ?
– Peut-être pourrions nous l’envoyer à Christophe ?
– Excellente idée. On va s’arranger pour que ça lui parvienne. On peut déjà prendre une photo de ton dessin. Et on lui enverra après.
– T’as ce qu’il faut pour ça ?
– Une tablette inter-temporelle, eh oui. Attend je vais la chercher.
Sylvestre va à l’arrière de l’atelier et Élisa l’entend fouiller dans une boite.
– Là voilà, fait-il triomphant.
Et il revient vers Élisa.
– Ça c’est une tablette inter-temporelle ? Mais c’est tout petit, on dirait une carte de paiement.
– Elle peut prendre des photos haute précision et retranscrit tous les messages qu’on lui dicte pour envoi.
– Oh, une technologie vocale, tu me montres comment ça marche ?
– Tu vas voir, c’est facile. Le rond vert au centre en bas de la carte, c’est pour enregistrer ta voix : une pression et tu peux commencer à parler. Une autre pression et l’enregistrement s’arrête.
– Tu as raison, ça a l’air vraiment simple. Tu me laisses essayer ?
Et Élisa prend la tablette inter-temporelle des mains de Sylvestre.
– Élisa, ce n’est pas un jouet.
Élisa le regarde malicieusement, appuie sur le rond vert et dit :
– La personne qui va vous rendre votre humanité est une anomalie du XXVème siècle. Trouvez-la. Protégez-la.
Et elle appuie une seconde fois sur le rond vert.
– Allez Sylvestre, je te taquine juste un peu.
– Pourrais-tu me rendre la tablette, s’il te plait ?
– C’est quoi ça : « S220 » ?
– N’ap…
S220 clignote trois fois sur la tablette.
-… puie pas .
– Ça a clignoté, ça veut dire quoi ?
– Que c’est envoyé.
– Quoi ? A qui ?
– A mon dernier contact. Tout en haut à droite, c’est le dernier contact.
– Et c’est qui ?
– Moi.
– Pardon ?
– Moi.
– Toi ?
– Oui, moi, avant de partir de mon monde. « S220 » c’est pour Sylvestre 220. Ils nous donnent des numéros là-bas, on n’a pas de nom de famille.
– Tu es ton dernier destinataire. Tu as adressé un message au toi-même du bout du temps, avant qu’il ne parte de ton monde ?
– Oui, et j’ai anonymisé l’envoi. C’est une vieille habitude depuis que Paul et moi sommes en clandestinité.
– Et tu t’es envoyé quoi au juste ?
– « Paul451  est la bonne personne. » Voilà le message que je me suis envoyé. Je ne connaissais que lui dans mon monde, mais j’avais besoin de savoir si je pouvais compter sur lui. Et tu sais quand j’ai envoyé ça ? Le jour où tu m’as incité à m’expliquer avec lui et qu’il est venu me voir. J’avais soupçonné que j’étais l’envoyeur à l’époque. Mais vu nos relations tendues Paul et moi, j’avais fini par croire que j’avais été victime d’une mauvaise farce de je ne sais qui. Le jour où nous nous sommes expliqué lui et moi, il m’a semblé évident que je devais écrire ce message. Et je l’ai fait. Celui sur l’anomalie à rechercher au XXVème siècle m’est arrivé peu après. Je sais comment maintenant…
– Tout ça c’est à cause de moi…
– Tout ça c’est grâce à toi. La vie des presque-humains est en passe de changer parce que ce message nous a conduit à offrir un corps neuf à un esprit en perdition pour qu’il ait un œil sur toi et te protège. Depuis, cet esprit dans un nouveau corps s’est révélé être la clé de nos problèmes. Pendant des années et des années les presque-humains ne sont parvenus à rien. Grâce à toi, nous avons obtenu aujourd’hui une chose sans prix : l’espoir.
– Tu vas le dire à Paul  que c’est moi le messager ? s’inquiète Élisa
– T’en penses quoi ?
– Il n’a pas forcément besoin de le savoir.
– Et David ?
– Nous avons d’autres sujets de conversation. Il ne s’agit pas de lui cacher si un jour il pose la question. Mais, tant qu’il ne s’y intéresse pas vraiment, je n’ai aucune raison d’aborder le sujet…
– D’accord.
– Quoi ?
– Je n’en parle pas non plus tant qu’on ne m’en parle pas. C’est le terme de notre marché, nous allons dire. Sauf si un jour tu changes d’avis.
– D’accord, nous verrons.

Annie

2 commentaires

  1. Salut,
    là, j’ai dû oublier un truc car le messager doit sûrement être une solution à une énigme antérieure, mais j’ai oublié. C’était dans quel chapitre ? Merci.

    • Sylvestre et Paul se sont enfui dans le passé à cause d’un message qui disait « La personne qui va vous rendre votre humanité est une anomalie du XXVème siècle. Trouvez-la. Protégez-la ». C’est dans un des deux chapitre « A propos de Sylvestre et Paul » un peu avant je crois.

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